Les lecteurs de La Presse se souviendront d'un dossier publié le 20 mai dernier intitulé «Survivre à un citron». On y expliquait les recours dont dispose un consommateur pour faire valoir ses droits lorsqu'il soupçonne que son automobile est un véhicule à problèmes. Nous racontions alors le cas de M. Claude Perron qui s'était fait servir une motion de non recevoir par le constructeur de son automobile à la suite d'une plainte logée verbalement après deux réparations infructueuses chez son concessionnaire.

Raymond Gervais

Les lecteurs de La Presse se souviendront d'un dossier publié le 20 mai dernier intitulé «Survivre à un citron». On y expliquait les recours dont dispose un consommateur pour faire valoir ses droits lorsqu'il soupçonne que son automobile est un véhicule à problèmes. Nous racontions alors le cas de M. Claude Perron qui s'était fait servir une motion de non recevoir par le constructeur de son automobile à la suite d'une plainte logée verbalement après deux réparations infructueuses chez son concessionnaire.

Voyons maintenant la démarche à suivre lorsqu'une telle situation se produit et ce qui est advenu dans le cas de la voiture de Claude Perron.

Lorsqu'un différend au sujet d'une réparation survient entre le propriétaire d'une automobile et le conseiller technique d'un concessionnaire, le consommateur devrait d'abord rencontrer le directeur du service après vente et lui expliquer le problème qu'il éprouve avec son véhicule. Il devrait de plus insister auprès de ce dernier pour qu'il fasse un essai routier si le problème survient lorsque le véhicule est en mouvement.

S'il s'agit d'un autre type de problème, le consommateur devrait exiger que le contremaître de l'atelier vérifie lui-même le véhicule. Si après ces démarches, le consommateur estime qu'il est toujours lésé, il devrait prendre rendez-vous avec le propriétaire de la concession automobile pour lui expliquer ce qui se passe.

S'il n'obtient toujours pas satisfaction, le consommateur doit alors s'adresser par écrit au Service à la clientèle auprès du bureau régional du fabricant automobile. Pourquoi par écrit? Parce que les écrits restent et que les paroles s'envolent. Advenant un recours juridique, les documents échangés entre les partis peuvent être déposés en preuve.

Si le constructeur d'automobiles refuse toujours de donner suite aux réclamations du consommateur, ce dernier peut alors s'adresser à l'Association pour la protection des automobilistes (APA) pour obtenir des conseils, demander une évaluation indépendante auprès d'un garagiste de renom, s'adresser au Programme d'arbitrage pour les véhicules automobiles du Canada (PAVAC) ou aux tribunaux. Il est à noter qu'on ne peut avoir recours à la fois au PAVAC et aux tribunaux.

La même démarche s'applique peu importe le fabricant.

Après s'être adressé à l'APA, Claude Perron s'est rendu chez Auto Électrique R. Blouin, un atelier de mécanique agréé par l'APA, afin d'obtenir une évaluation indépendante. Après un essai routier, le propriétaire de l'atelier, Raymond Blouin est arrivé à la conclusion que la Chevrolet Cobalt SS 2006 ne fonctionnait pas normalement. Les freins «sautaient», les disques avant étaient striés et le moteur vibrait au ralenti. En quelques mots, le spécialiste a constaté exactement les mêmes problèmes rapportés par le consommateur.

À la suggestion du garagiste, M. Perron est retourné chez le concessionnaire avec en main l'évaluation des anomalies de sa voiture et a demandé à rencontrer le directeur du service après vente. Au même moment, le bureau régional de General Motors à Montréal a communiqué avec M. Perron après avoir été informé de son cas par l'article de La Presse.

François Laurier, administrateur de la garantie chez GM au Québec, a donné rendez-vous à M. Perron chez Christin automobile à Montréal pour une évaluation du véhicule. Après un essai routier, M. Laurier en est arrivé à la même conclusion que le garagiste indépendant et a demandé au concessionnaire de changer les disques avant, de sabler les plaquettes de frein et de vérifier le ralenti du moteur.

Un injecteur a été remplacé et les mécaniciens ont reprogrammé l'ordinateur.

Selon M. Perron, les freins de sa Cobalt SS fonctionnent maintenant correctement, mais le moteur vibre toujours au ralenti. Le contremaître de l'atelier de réparation du concessionnaire affirme pour sa part que le moteur tourne normalement. Afin de dissiper le doute qui persiste, un ingénieur de terrain de GM doit maintenant vérifier lui-même la voiture et déterminer si la vibration ressentie est normale ou non pour ce type de véhicule.

General Motors a accepté de rembourser une somme de 119,57$ à M. Perron, soit le coût de l'évaluation indépendante en plus de lui offrir gracieusement un changement d'huile et de filtre.

COURRIEL Pour joindre notre journaliste: raymond.gervais@lapresse.ca