Les constructeurs automobiles, qui se retrouvent en fin de semaine au Mondial de Paris dans un climat assombri par la crise financière, sont confrontés à de multiples défis: marchés en berne en Europe et aux États-Unis, hausse du pétrole, préoccupations environnementales.

Simon Boehm AGENCE FRANCE-PRESSE

Pour répondre à ces attentes, les grands groupes ont rivalisé d'annonces en matière de voitures propres et innovantes et préparé une multitude de lancements pour réactiver l'intérêt des consommateurs, tout en s'efforçant de maîtriser au mieux leurs coûts.

Quelque 90 nouveautés sont ainsi attendues au Mondial de l'automobile, ouvert au grand public du 4 au 19 octobre, et qui entend conserver sa place de salon numéro un du secteur en fréquentation. Lors de la dernière édition, en 2006, 1,4 million de visiteurs s'étaient rendus Porte de Versailles.

«C'est une période très difficile» avec «une demande qui fléchit sur les marchés clés et un crédit plus difficile à obtenir pour acheter les véhicules» en raison de la crise financière, souligne Mark Fulthorpe, expert automobile chez CSM Worldwide. «Lancer des nouveaux modèles dans ce contexte n'est pas l'idéal», observe-t-il.

«La demande mondiale d'automobile devrait stagner en 2008», selon l'assureur-crédit Euler Hermes, qui pointe la flambée des matières premières et le ralentissement économique. En Europe de l'Ouest, un repli de 4% est attendu alors qu'aux États-Unis, le recul atteindrait 15%.

Bertrand Rakoto, analyste chez RL Polk, n'attend «pas de mieux à court terme». «Personne n'est vraiment très optimiste et chacun revoit ses prévisions à la baisse», relève-t-il. En 2009, «normalement, on produira moins et on vendra moins».

Quant à une reprise, il évoque «plutôt 2010, mais avec des réserves selon l'issue de la crise financière».

Emmanuel Bulle, analyste automobile de l'agence de notation Fitch, souligne toutefois que «l'automobile est une industrie cyclique». Mais la question aujourd'hui est de savoir si «la baisse est cyclique» ou un phénomène «plus structurel», poursuit-il.

Dans ce contexte, les grands constructeurs s'efforcent de coller aux évolutions des consommateurs, aujourd'hui préoccupés de la hausse du prix des carburants et plus sensibilisés à l'environnement.

«Le budget essence impacte l'automobile» avec des consommateurs qui «roulent moins et changent moins de véhicule», ce qui peut tirer vers le bas les intentions d'achats, ajoute Bertrand Rakoto.

Au niveau de prix élevé s'ajoute la volatilité des cours du pétrole qui est aussi un facteur d'attentisme chez les consommateurs, pour Mark Fulthorpe.

Les marques mettent donc le cap sur les petits modèles moins gourmands et moins émetteurs de C02, poussés par les nouvelles réglementations en vigueur comme le bonus-malus en France et celles qui se préparent à l'échelon européen.

Le Mondial de Paris en sera le reflet avec des petites voitures urbaines comme les Toyota iQ et Urban Cruiser, Nissan Pixo ou les nouvelles Ford Ka et Suzuki Alto.

Les constructeurs français poursuivront le renouvellement de leur offre, avec la nouvelle Renault Mégane, la Peugeot 308 CC et la Citroën C3 Picasso, tandis que Volkswagen présentera la dernière version de la Golf.

Les nouvelles technologies seront également l'une des thématiques majeures du salon, avec de nombreux véhicules hybrides et électriques, préfigurant l'évolution de l'automobile à moyen ou plus long terme.