Les frais de transport et de préparation des véhicules neufs coûtent jusqu'à deux fois plus cher au Canada, souvent 1000$ de plus qu'aux États-Unis, malgré la parité de leurs devises.

Laurier Cloutier
Laurier Cloutier LA PRESSE

«C'est inexplicable», dénonce Sophie Gagnon, porte-parole principale de CAA-Québec, après avoir effectué une deuxième étude annuelle sur ces frais et envoyé une lettre à 26 constructeurs, sur leurs motifs.

«Pire encore, ces écarts de frais subsistent même pour les véhicules assemblés au Canada», dit-elle. En outre, des prix de détail demeurent 10 000$ plus élevés qu'aux États-Unis, dit CAA, après un an de parité entre le huard et le billet vert.

CAA-Québec a découvert des écarts de 31% à 61% entre les frais exigés aux États-Unis et au Canada.

Des constructeurs ont même haussé leurs frais de 10%. Toyota reste le seul en 2008 à avoir abaissé ses frais de transport et de préparation.

Pour les pires écarts, CAA cible la Mini Cooper (61,6%), BMW (moyenne de 61,1% pour ses modèles) et Acura (60,5%), de même que Mitsubishi (58%), Kia (57,7%), Audi (57,6%), Lexus (57%), Mercedes et Subaru (56,9%), Honda (56,5%), Infiniti (56%) et Hyundai (55,1%).

Des constructeurs exigent des frais identiques au Canada, que leurs véhicules viennent d'Asie, d'Europe ou de l'Amérique du Nord, alors que d'autres les modulent en fonction de la distance, ce qui paraît logique à CAA.

Chrysler demande tout de même pour son Town&Country, de l'Ontario, des frais de transport de 1350$ au Canada, mais de 770$ aux États-Unis, un écart de 43%. Par contre, Subaru demande 1495$ au Canada pour le transport de son Forester, du Japon, ou de sa Outback, de l'Indiana, comparativement à 645$ aux États-Unis.

L'industrie automobile doit corriger ces frais et mettre un frein à cette iniquité, déclare Sophie Gagnon.

Dans une lettre aux constructeurs, le président-directeur général de CAA-Québec, Paul A. Pelletier, leur souligne que ses «950 000 membres et les consommateurs canadiens sont en droit de connaître les raisons qui motivent ces disparités (de prix et de frais) et d'obtenir des corrections».

«Non seulement des écarts de frais subsistent, mais encore, ils tendent à croître chez des constructeurs, sans raison apparente. La situation est d'autant plus déplorable qu'elle prévaut pour l'ensemble des véhicules assemblés au Canada. Nos membres veulent un juste retour du balancier», ajoute Paul Pelletier.

«Si par ailleurs des constructeurs ont revu à la baisse leurs prix de détail, d'autres continuent de maintenir des écarts de 10 000$.»

Paul Pelletier le déplore et demande des précisions, car c'est «un sujet sensible pour les membres et les consommateurs».

«Toyota et Volkswagen ont fait l'effort de corriger leurs prix, mais d'autres, pas assez, indique le porte-parole Philippe Saint-Pierre. Hyundai et Kia offrent des rabais au comptant.»

Les études de CAA sur les 250 véhicules vendus au Canada donnent de la marge de manoeuvre pour négocier avec les concessionnaires, explique sa collègue, Roxanne Héroux. «Il ne faut pas se gêner», dit-elle.