Il est coutume dans l'industrie automobile de renouveler les voitures à tous les quatre ou cinq ans. Seuls des modèles de prestige européens ou des camionnettes nord-américaines défient cette convention avec succès.

Publié le 9 avr. 2008
Jean-François Guay, Collaboration Spéciale LA PRESSE

N'empêche que les générations successives de la berline de luxe d'Acura, la Legend et la RL, ont eu des carrières d'une dizaine d'années sans connaître de grands changements.

À chaque fin de cycle de ces deux modèles, on croyait que Honda était sur le point de mettre un terme à la production de ses voitures haut de gamme. Et pour cause: la deuxième génération du vaisseau amiral d'Acura, la RL, s'était vendue au compte-gouttes en 2003 et 2004.

En effet, les concessionnaires canadiens ont écoulé annuellement plus de 300 exemplaires au cours des années 2000, 2001 et 2002. En 2003, seulement 163 RL ont trouvé preneur au pays. Les ventes ont été encore plus désastreuses en 2004, alors qu'une soixantaine d'unités seulement ont été écoulées. Somme toute, malgré ses qualités, cette japonaise était loin d'avoir l'étoffe des Mercedes-Benz E320, BMW 530i, et Audi A63.0, qui rétaient les références dans la catégorie.

À l'instar de la carrosserie, le style du tableau de bord de la RL était inspiré des Mercedes-Benz. Au chapitre des performances, il était difficile pour la RL de se frotter aux moteurs V8 de ses rivales à propulsion comme la Lexus LS430 et l'Infiniti Q45. Mais, compte tenu de l'écart de prix et des chevaux-vapeur qui les séparent, cette comparaison paraît injuste. Pour être honnête, avec ses roues motrices avant, la RL se compare plutôt à des berlines à traction et moteur V6 comme la défunte Buick Park Avenue et l'ancienne génération de la Volvo S80.

Cela dit, son V6 de 3,5 litres (225 chevaux) était considéré comme l'un des meilleurs moteurs de l'industrie. Si les stylistes avaient bâclé le design de la carrosserie, les ingénieurs avaient conçu une voiture silencieuse dotée d'une direction précise. Par ailleurs, sur le plan du confort, la RL n'avait rien en commun avec la sécheresse habituelle des produits Honda. Dans les courbes, la RL était à la hauteur de la réputation de la maison mère et s'accrochait fermement au bitume grâce, notamment, à son système de stabilité latérale. Somme toute, cette japonaise ne demande qu'à rouler pour être appréciée à sa juste valeur.

Même s'il s'agit d'une voiture anonyme, la mécanique de cette Acura possède une feuille de route au-dessus de tout soupçon. Ainsi, ne soyez pas surpris que sa bonne réputation en matière de fiabilité incite les vendeurs à exiger un prix plus élevé que pour certaines berlines allemandes de même catégorie. Toutefois, ne soyez pas dupe: à cause de sa faible popularité, c'est l'acheteur qui a le gros bout du bâton lors de la négociation.