Aux yeux des Québécois, les automobiles de prestige témoignent-elles d'un symbole d'inégalité ou de réussite sociale? Les gens ne sont pas tous du même avis. Par contre, tous s'entendront sur ce point: les représentantes de cette catégorie incarnent la crème de l'automobile. Hélas, très peu peuvent se permettre cette qualité. Ce marché représente à peine 1% des ventes automobiles sur notre territoire.

Éric Lefrançois, collaboration spéciale LA PRESSE

Cette saison, BMW sonne la charge. La marque munichoise inscrit un coupé quatre portes du nom de Gran Coupe à son catalogue. Ce véhicule a pour cible les Audi A7, Mercedes CLS et Porsche Panamera. Comme ces dernières, la Gran Coupe cherche à réaliser, sur le plan du style, une jonction entre une berline et un coupé. Ce mélange des genres a pour but de dépoussiérer le marché du haut de gamme souvent enfermé dans ses traditions.

Conduite à la carte

Extrapolé de la Série 6, dont on a rallongé l'empattement d'une dizaine de centimètres, le Gran Coupe en impose. Il fait cinq mètres de long, mais est à peine plus lourd que le coupé dont il dérive. Au Canada, cette BMW adopte de série une mécanique à huit-cylindres et le rouage intégral xDrive. Un six-cylindres? Sur notre continent, seuls nos voisins américains y auront droit, tout comme la version à deux roues motrices (arrière). Avec l'électronique à bord, on peut bonnement, à l'aide d'un bouton, intimer l'ordre aux éléments suspenseurs de se faire plus souples, plus rigides ou de commander un savant mélange des deux. On peut aussi modifier, toujours sans quitter son siège, l'empressement de la boîte de vitesses à escalader ses huit rapports ou le niveau d'assistance de la direction. Une véritable conduite «à la carte».

Parallèlement au lancement du Gran Coupe, BMW revisite aussi sa berline de Série 7. Au menu de cette refonte partielle figurent un contenu technologique rehaussé, un tableau de bord redessiné et l'arrivée d'une motorisation six-cylindres (740i) de 315 chevaux. Ce dernier prend incidemment le relais du V8 à bord de la version hybride (ActiveHybrid 7), qui fera son entrée sur le marché avant l'hiver. Celle-ci, contrairement à la version précédente, est en mesure de fonctionner en mode électrique sur une distance de quatre kilomètres. Le moteur V8 4,4-litres (750i et 750iL) n'est pas en reste et fait lui aussi l'objet de nombreuses transformations pour diminuer sa consommation de carburant. Le V12 demeure pour sa part inchangé.

BMW n'est pas la seule entreprise à appliquer la notion de "downsizing", un ralentissement de la course à la puissance ou à la cylindrée. Son rival d'Ingolstadt, Audi, le met en pratique également cette année avec ses A6 et A8. La première soulève son capot à un moteur quatre-cylindres deux-litres, alors que la seconde adopte, en première monte, un six-cylindres de trois-litres. L'A8 sera aussi la première automobile du groupe à étrenner une mécanique hybride (mi-essence, mi-électrique).

Compétiteur nippon

Ce segment élitiste ne regroupe pas que des constructeurs allemands. Le japonais Lexus, premier à proposer une version hybride dans ce secteur, rapplique cette année avec une LS entièrement remodelée. Il s'agit de la quatrième génération de ce modèle qui, selon ses concepteurs, a fait l'objet de quelque 3000 changements. Ce modèle se reconnaît à sa calandre plus audacieuse, nouvelle signature visuelle de la marque.

La LS fait notamment l'objet de nombreux affinements dans le but d'améliorer le silence et le confort de son roulement. Sur ce plan, les ingénieurs ont veillé à renforcer la structure de cette berline en concevant de nouvelles techniques de soudage et d'assemblage, tout en lui greffant des amortisseurs plus progressifs. Des corrections ont également été apportées à la direction pour la rendre plus «communicative», ainsi qu'à l'ordinateur chargé d'analyser les mouvements de caisse de la suspension pneumatique.

Lexus inscrit également une livrée supplémentaire - F Sport - à son portefeuille. Celle-ci comporte notamment un châssis abaissé de 10 millimètres, des freins plus puissants et des palettes au volant servant à engager manuellement les huit rapports de sa boîte de vitesse.

Photo fournie par Lexus

La Lexus LS 460.

Chez les Britanniques

Même si elle ne compte aucune nouveauté à son catalogue cet automne, la marque Jaguar mérite qu'on s'y attarde un peu. En effet, la célèbre firme britannique fait étrenner cette saison un rouage à quatre roues motrices et de nouvelles mécaniques (quatre et six-cylindres) à ses berlines XF et XJ. Depuis le retrait de la X-type, Jaguar n'avait plus jamais offert pareille aide à la conduite à sa clientèle.

Le dispositif mis au point par Jaguar contrôle en permanence le coefficient d'adhérence sur la chaussée et intervient aussitôt qu'il enregistre une perte de motricité. Jusqu'à 50% du couple peut être transmis au train avant. En revanche, sur un revêtement parfaitement sec, seules les roues antérieures sont sollicitées pour mouvoir le véhicule. Ce nouveau rouage est seulement offert sur les XJ et XF animées du moteur V6 suralimenté par compresseur (330 chevaux). À noter que le quatre-cylindres deux-litres turbocompressé se réserve à l'usage exclusif de la XF.

Photo fournie par Jaguar

La Jaguar F-Type.