L'élargissement de la zone dans laquelle les véhicules en libre-service peuvent se déployer à Montréal par l'administration Plante, le printemps dernier, n'a pas mis de temps à faire sentir son effet : les exploitants ont vu leur clientèle croître substantiellement au cours des derniers mois, ce qui a renouvelé leur appétit pour une expansion accélérée de leur service.

Mis à jour le 16 juill. 2018
Alain McKenna LA PRESSE

En mars dernier, la mairesse Valérie Plante a annoncé qu'elle faisait passer de 4 à 10 le nombre d'arrondissements où ces véhicules sont autorisés à utiliser les zones de stationnement réservées aux résidants locaux. « Du fleuve à la rivière des Prairies », s'était alors exclamée Mme Plante.

Communauto en Ontario

Ça va même plus loin que ça, car le mois dernier, le service montréalais Communauto a confirmé son expansion à Toronto, trois mois après avoir acquis son homologue ontarien Community CarShare, et il compte aussi prendre plus de place à Paris, où son service est présent depuis 2012.

La Ville Lumière a mis fin à un partenariat de sept ans avec le service Autolib' de l'homme d'affaires français Vincent Bolloré le 21 juin dernier, un geste qui a été perçu à l'étranger comme un coup dur envers l'économie de partage qu'incarnent les véhicules en libre-service. De son côté, Toronto a vu le service Car2go, propriété du géant automobile allemand Daimler, abandonner ses rues, après une mésentente entre les deux parties.

Ça laisse beaucoup de place pour Communauto, qui semble affamé. L'entreprise montréalaise a déjà annoncé ses couleurs, en misant sur des tarifs plus abordables, des services informatiques (dont une application mobile) mieux structurés et un accès élargi pour ses membres à des véhicules en libre-service dans tous les marchés qu'elle dessert.

« L'objectif de Communauto est de redynamiser l'autopartage et, lorsque les conditions de santé économique nécessaires seront établies, développer de nouveaux territoires et de nouvelles offres de service », a d'ailleurs déclaré Benoît Robert, président et fondateur de l'entreprise montréalaise, lors de son arrivée en Ontario.

Depuis le printemps, les véhicules de Car2go ont connu un bond de 57 % de leur taux d'utilisation à Montréal, avec une hausse des abonnements de 40 %. Photo Alain Roberge, La Presse

Montréal en redemande

Forcé de quitter la Ville Reine à cause de l'imposition de restrictions plus sévères sur le stationnement, du coût à la hausse des permis et des pénalités plus élevées s'il ne respectait pas ces directives, Car2go vit une situation complètement opposée à Montréal, surtout depuis le relâchement des règles par la ville centre.

« Notre situation à Montréal ne pourrait pas être plus différente de ce qu'elle était à Toronto. Nous bénéficions d'un important soutien des dirigeants municipaux, y compris la mairesse Plante, qui comprennent et qui sont intéressés par des solutions de mobilité avant-gardistes. »

- Timothy Krebs, directeur des communications de Car2go au Canada

Depuis le printemps, les véhicules de Car2go ont connu un bond de 57 % de leur taux d'utilisation, avec une hausse des abonnements de 40 %. Le service compte aujourd'hui plus de 70 000 membres, et 10 % des nouvelles inscriptions proviennent des arrondissements ajoutés à la zone de service. Selon son porte-parole, cela le positionne en tête dans la métropole, devant Communauto. 

Pour satisfaire cette hausse de la demande, Car2go a annoncé qu'il ajoutera 50 véhicules Mercedes-Benz à son parc montréalais. Il s'agit du modèle GLA, un petit utilitaire urbain qui doublera le nombre des véhicules Mercedes de Car2go dans la ville. Cela s'ajoute aux Smart Fortwo également en service.

Car2go souhaite aussi élargir les lieux où il est permis de garer ses voitures à Montréal. « Nous travaillons actuellement avec des représentants de la Ville à une entente qui permettrait aux membres de Car2go de se garer dans des aires de stationnement surveillées dans toute la zone résidentielle de Montréal. Cet ajout constituera une amélioration considérable de l'expérience utilisateur », affirme M. Krebs.