L'essence super, à indice d'octane de 91 ou plus, est parfois recommandée et parfois requise par les constructeurs, mais son effet sur la mécanique n'est pas toujours celui espéré, remarque le club automobile américain AAA.

Alain McKenna LA PRESSE

Outre le prix, la principale différence entre l'essence ordinaire et super, c'est l'indice d'octane. À l'aide d'additifs, les pétrolières produisent un carburant à indice d'octane plus élevé qui permet d'extraire davantage de puissance avant l'auto-allumage, qui survient sans intervention de la bougie. Le bon moteur, utilisé avec le bon carburant, sera plus efficace. Pour l'automobiliste, ça se traduit à la fois par une meilleure performance et une meilleure économie d'essence.

En pratique, c'est un peu plus complexe.

« Les constructeurs produisent des véhicules utilisés partout sur le continent, dans des contextes différents : distances, conditions routières, nombre de passagers, etc. La gestion du moteur peut varier, ce qui mène des constructeurs à recommander l'usage d'essence de plus haut grade, mais à laisser la décision finale au propriétaire», résume l'AAA en guise d'introduction.

Le club automobile américain fait la distinction entre les véhicules pour lesquels l'essence super est requise et ceux pour lesquels elle n'est que recommandée. Dans le premier cas, faire le plein d'un carburant à indice d'octane sous le niveau requis peut entraîner des problèmes mécaniques qui ne seront pas couverts par la garantie du véhicule. Dans le second, il est possible de voir son véhicule mieux se comporter, mais ce n'est pas toujours le cas, a justement constaté l'AAA.

Au total, on compte un peu plus d'une cinquantaine de modèles en tous genres vendus chez nous pour lesquels l'essence super est « recommandée », mais non requise. Ça va de la Ford Fiesta EcoBoost au Volvo XC60 en passant par le Nissan Juke, la Chevrolet Camaro et le Fiat 500X.

« Il n'y a pas de cas parmi ces véhicules où faire le plein de super est un avantage économique net, conclut le groupe automobile. Dans certains cas, il y aura un bénéfice marginal, mais le coût additionnel devrait être pris en compte au moment de l'achat. » Photo: Le Soleil

UN EFFET MODESTE ET VARIABLE

Pour en avoir le coeur net, l'organisme américain a testé six véhicules pour lesquels une essence de grade supérieur était recommandée, afin de déterminer les gains qu'il est possible d'obtenir sur la consommation moyenne et la puissance mécanique. Dans l'ensemble, il est possible d'observer une amélioration plutôt modeste des deux caractéristiques. La consommation moyenne est réduite de 2,7 %, tandis que la puissance monte de 1,4 %.

Au cas par cas, cet effet varie toutefois grandement, jusqu'à être négatif dans certains cas. C'est le cas du Jeep Renegade, qui voit sa puissance baisser de 0,3 % lorsqu'elle est mesurée avec un appareil approprié. Du côté d'Audi, la petite berline A3 affichait une consommation de carburant moyenne plus élevée de 1 % quand elle était alimentée au super plutôt qu'à l'ordinaire.

« Les améliorations notées durant nos essais ne suffisent pas pour compenser le coût additionnel de l'essence super », dit l'AAA

Ça s'applique aussi au Canada, où la différence entre le prix du litre d'essence ordinaire et super à la pompe varie entre 20 et 25 %, ce qui est bien plus important que n'importe quel gain obtenu.

« Il n'y a pas de cas parmi ces véhicules où faire le plein de super est un avantage économique net, conclut le groupe automobile. Dans certains cas, il y aura un bénéfice marginal, mais le coût additionnel devrait être pris en compte au moment de l'achat. »