Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'une chronique matrimoniale. Le couple dont il est question a trait à la force de quelques moteurs, notamment le diesel du VUS Mercedes-Benz ML320 CDI.

Alain Raymond, Collaboration Spéciale

Avant de passer à l'essai, expliquons ce qu'est le couple moteur en utilisant l'exemple d'un vélo: pour le faire avancer, le cycliste exerce avec ses jambes une pression sur les pédales et fait tourner le pédalier, qui transmet cette force à la roue arrière par le truchement de la chaîne. C'est cette force musculaire exercée sur la pédale qui constitue le couple. Plus la force est grande, plus le vélo accélère rapidement. C'est exactement le même phénomène qui se produit dans un moteur.

Le couple avant la puissance

Dans la conduite de tous les jours, c'est donc le couple moteur (exprimé en Newton-mètre ou livres-pied) qui détermine la vigueur des accélérations. Non pas la puissance, mais le couple.

Illustrons une fois de plus: le V6 de 3 litres de la Honda Accord produit 232 lb-pi de couple; le V6 turbodiesel du Mercedes ML produit 398 lb-pi, soit près de 70% de plus! Certes, le Mercedes est suralimenté par turbocompresseur, mais sa consommation est comparable à celle du moteur Honda et il est capable de remorquer une charge de 3265 kg (7200 lb).

Comme une locomotive

C'est précisément pour ces deux aspects - consommation et remorquage - que nous avons fait l'essai du ML 320 CDI chargé à bloc et tirant une remorque d'environ 800 kg (1700 lb).

Première constatation: le ML accélère avec une vigueur hors du commun et les 800 kg derrière ne semblent pas le déranger. Pour avoir remorqué cette même charge avec d'autres voitures mues par un moteur à essence, je peux confirmer que le turbodiesel prend des allures de locomotive, une sensation qui se manifeste surtout en montée. Car c'est en montée que la plupart des moteurs vont demander à la transmission de rétrograder pour accroître la force motrice (et la consommation), tandis que le ML CDI grimpe sans sourciller en sixième ou en septième vitesse.

Dans le cas du ML, cette boîte automatique à sept vitesses d'une souplesse remarquable est alliée à une transmission intégrale à prise constante, qui répartit l'effort de remorquage sur les quatre roues. Une manette de commande pratique sur la colonne de direction remplace le sélecteur sur la console.

Comme une berline

Parmi les autres qualités du ML: un confort très convenable durant les longs trajets; un équipement complet (jusqu'aux pare-soleil doubles); un système de navigation convivial et un comportement routier qui rappelle celui d'une berline bien née, sans oublier une ligne séduisante pour un modèle de ce gabarit et une consommation étonnante sur l'autoroute (à 110 km/h) pour une intégrale pesant plus de 2200 kg: 8,7 L/100 km à vide; 11,5 L/100 km en remorquage. Ajoutons qu'à 110 km/h, le moteur ne tourne qu'à 2000 tr/min, ce qui favorise la longévité.

Parmi les bémols, une hauteur excessive qui rend l'accès à bord et surtout la sortie désagréable, un prix digne de la marque à l'étoile à trois branches (à partir de 61 400$) et le nombre encore restreint de stations-service qui offrent du gazole, surtout aux États-Unis.

Certes le gazole coûte cher ces temps-ci. Mais, compte tenu de la sobriété autorisée et de la belle aptitude au remorquage du diesel, il constitue le choix à privilégier. C'est d'ailleurs pourquoi, selon Mercedes-Benz, 85% des acheteurs du ML optent pour le moteur CDI.