L'appel téléphonique apprenant à Cher qu'elle serait honorée au Kennedy Center était certes le bienvenu, mais la chanteuse admet qu'elle aurait préféré le recevoir plus tôt.

Michael Cidoni Lennox ASSOCIATED PRESS

La lauréate de prix Grammy, Emmy et Oscar, dont l'album hommage à ABBA vient de paraître, reconnaît qu'elle a longtemps attendu cet appel - et qu'elle espérait ardemment le recevoir sous l'administration de Barack Obama.

C'est finalement à l'âge de 72 ans, sous l'administration de Donald Trump, qu'elle sera récompensée à l'occasion d'une soirée qui s'annonce pour le moins inconfortable. Grande habituée des rassemblements et des manifestations anti-Trump, Cher figure parmi les célébrités les plus ouvertement opposées au président américain.

La Maison-Blanche indique qu'aucune décision n'a été prise quant à la participation de Donald Trump au programme de distinctions du Kennedy Center cette année.

Le prix Kennedy Center est décerné pour souligner une contribution aux arts du spectacle aux États-Unis. Parmi les autres récipiendaires de cette année figurent le compositeur et pianiste Philip Glass, la musicienne country Reba McEntire ainsi que le saxophoniste et compositeur jazz Wayne Shorter. Les co-créateurs de la comédie musicale à succès Hamilton recevront un prix spécial en tant que pionniers dont l'oeuvre transformatrice défie toute catégorie.

Le retour de l'« ABBA-mania »

Cher avait raté la première vague de popularité d'ABBA, après que le quatuor suédois eut remporté le concours Eurovision de la chanson, en 1974, avec Waterloo. Un an plus tard, SOS et Mamma Mia confirmaient le succès du groupe.

L'« ABBA-mania » a récemment effectué un retour en force, notamment grâce à la sortie du film Mamma Mia ! en 2008. Cher a d'ailleurs participé à la suite de ce film, Mamma Mia ! Here We Go Again, qui a pris l'affiche plus tôt cette année.

Cher raconte qu'en enregistrant son album de reprises Dancing Queen, elle était « irritée » par la manière d'écrire du parolier Bjorn Ulvaeus. Ce n'est qu'après l'avoir rencontré, lui et le compositeur Benny Andersson, qu'elle a réalisé qu'il n'écrit pas en anglais et du même coup compris la complexité de sa plume.

L'agenda de la diva est bien rempli ces temps-ci, alors que sa tournée mondiale, amorcée il y a quelques jours, se poursuivra jusqu'au mois de mai et qu'elle coproduit une comédie musicale sur sa vie, The Cher Show.

Cher compte malgré tout garder un oeil sur la Maison-Blanche.

« Nous devons prêter attention, insiste-t-elle. Il y avait des signes à d'autres moments dans l'histoire du monde et certaines personnes ne les ont pas observées. »