Il s'appelle Andrew Wan et c'est la vedette montante de l'Orchestre symphonique de Montréal. Il est violon solo, le poste le plus prestigieux. Il n'a que 30 ans.

Mis à jour le 17 mars 2014
Michèle Ouimet LA PRESSE

Pendant sa première année à l'orchestre, il n'a pratiquement pas dormi. «J'étais tellement anxieux, dit-il. J'étais intimidé par Kent Nagano et les musiciens. Si un récital se passait mal, je me disais: «C'est de ma faute!» Un musicien m'a dit: «Si tu te juges après chaque spectacle, tu vas mourir jeune. Tu n'es pas obligé d'être le meilleur tous les jours.»»

Petit, nerveux, Andrew Wan est entier. Quand son archet glisse sur les cordes de son violon, tout son corps frémit.

Il a fallu qu'il passe une audition avant d'être accepté dans l'orchestre. Kent Nagano était présent. Andrew était impressionné, pour ne pas dire terrorisé. C'était un samedi matin. Il a joué pendant une heure et quart.

«Vous étiez nerveux?

- Of course!», répond-il en riant.

II parle français, mais il préfère s'exprimer en anglais, sa langue maternelle. Il est né à Edmonton, en Alberta. Ses parents viennent de Hong Kong. Son père était très pauvre. Il s'était fabriqué un violon avec une boîte à chaussures et des lacets. Sa mère vient d'une famille aisée; son père était un officier supérieur de l'armée chinoise.

Il a étudié le violon à Juilliard, la prestigieuse école new-yorkaise. Il a travaillé, travaillé et travaillé. Il croit peu au talent. «La clé du succès, c'est la préparation, dit-il. Il faut mettre 10 000 heures de travail avant de devenir quelqu'un. Il y a aussi le talent, bien sûr. Et il faut aimer ce qu'on fait. C'est très difficile d'être musicien, mais ce l'est encore plus de trouver du travail. Il y a des centaines de musiciens qui passent des auditions. Un seul est choisi. Vous devez être résilient.»

Andrew Wan a appris à discipliner son stress et à évacuer l'anxiété qui le tenait éveillé la nuit. Il joue pour l'OSM depuis six ans et il enseigne le violon à l'Université McGill. Il a le vent dans les voiles et ses confrères musiciens le respectent.

C'est ce qu'on appelle la résilience.