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Marianne Fiset: vivre Manon

Marianne Fiset en répétition pour son rôle de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Marianne Fiset en répétition pour son rôle de la toute jeune Manon, dans l'opéra du même nom.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Manon prend l'affiche ce soir à l'Opéra de Montréal. Marianne Fiset, qui s'est attiré les éloges de la critique pour ses débuts à l'Opéra national de Paris dans ce rôle l'an dernier, incarne pour la deuxième fois l'héroïne de Jules Massenet. La Presse l'a rencontrée.

Q: Que pensez-vous du personnage de Manon?

R: C'est une jeune fille très attachante. Je la vois davantage comme une adolescente que comme une adulte. On se fait une mauvaise conception de Manon en se l'imaginant femme alors qu'elle n'a que 16 ans. Au début de l'opéra, elle ne connaît pas grand-chose de la vie et n'est jamais sortie de son village. Ce qui me charme en elle, c'est son amour de la vie, son avidité, sa curiosité. Elle veut vivre de nouvelles expériences, vivre l'instant présent. C'est un personnage très moderne. Elle se veut maître de son destin, mais elle fait de mauvais choix en cours de route. Elle a aussi des goûts de luxe, mais cela ne fait pas d'elle une mauvaise personne: elle n'a aucune malice. Ce qui est intéressant dans l'oeuvre de Massenet, c'est que l'on observe son évolution au cours des cinq actes. À la fin de l'opéra, elle n'est plus du tout la même qu'au début.

Q: Racontez-nous votre expérience dans ce rôle à Paris...

R: C'étaient mes débuts dans le rôle en même temps que mes débuts à la Bastille. La metteure en scène, Coline Serreau, avait une vision assez sombre de Manon et ne la concevait pas comme étant très juvénile. J'ai quand même eu un plaisir fou à interpréter le rôle de cette façon. La critique a été sévère envers cette production éclectique et peu conventionnelle. La première fois où j'ai chanté, j'ai remplacé au pied levé Natalie Dessay qui était malade, alors que le public s'attendait à la voir, elle. Quand on a annoncé au début du spectacle qu'elle serait absente, il y a eu beaucoup de huées. J'étais un peu nerveuse. Mais finalement, j'ai été très bien accueillie et j'ai chanté le rôle pour quatre représentations au lieu des deux prévues.

Q: Vous chantez aussi la Mimi de La Bohème, un peu partout depuis quelques années, est-ce devenu votre rôle phare?

R: Mimi est ma meilleure amie. J'adore ce rôle, et ce qui est agréable dans ce métier, c'est que chaque fois, c'est avec une équipe différente dans une maison différente. Je m'arrange pour toujours découvrir quelque chose de nouveau. Le fait de chanter le même rôle plusieurs fois me permet de mesurer l'évolution de ma voix, car celle-ci peut changer avec l'âge. Cela influence aussi beaucoup ma confiance comme interprète, tant sur le plan vocal que sur le plan du jeu. C'est une autre raison pour laquelle je suis contente de reprendre Manon ici à Montréal, un an après Paris.

Q: Quels sont vos engagements à venir?

R: Je vais chanter ma première Donna Elvira (opéra DanGiovani) à Tours et à Reims cet automne. D'autres engagements sont encore en négociations, donc je ne peux pas encore en parler. Par contre, ce dont je suis très contente, c'est d'avoir obtenu mon premier contrat comme doublure au Met à New York pour janvier prochain, encore une fois pour le rôle de Mimi. Le Met embauche trois doublures pour chaque rôle, et si l'interprète principal ne peut pas chanter, il est remplacé. Je serai la première doublure pour Mimi, soit celle de Maija Kovalevska. Je ne suis donc pas certaine de faire partie d'une représentation, mais les doublures participent aux répétitions et elles ont des costumes à leur taille comme si elles allaient être du spectacle. Le simple fait de passer deux mois au Met pour cela est déjà formidable. Les États-Unis sont un tout nouveau marché pour moi, j'ai surtout fait carrière au Canada et en Europe jusqu'à maintenant. Cela va me donner l'occasion d'établir un réseau de contacts.

Manon, Opéra de Montréal, 18, 21, 23 et 25 mai, 19h30, salle Wilfrid-Pelletier

L'histoire de Manon

L'opéra Manon de Jules Massenet, créé en 1884, est basé sur le roman L'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, chef-d'oeuvre de l'abbé Prévost, publié en 1753. Jugée trop scandaleuse, la première version du livre fut saisie et condamnée à être brûlée deux fois avant sa publication dans une version révisée.

Manon raconte l'histoire d'une jeune ingénue qui a le coup de foudre pour Des Grieux, un beau chevalier, le jour même où elle s'apprêtait à entrer au couvent. Les amoureux fuient ensemble à Paris. Le chevalier est ensuite enlevé sur ordre de son père, qui s'oppose à leur union. S'ensuit alors un méli-mélo de péripéties jusqu'à ce que Manon, accusée de prostitution, soit condamnée à la déportation en Louisiane.

L'histoire scabreuse de Manon a fait l'objet de plusieurs opéras, films, ballets et séries télévisées. Outre Jules Massenet, Giacomo Puccini a également adapté l'oeuvre à l'opéra dans Manon Lescaut.




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