Il y avait des fans absolus, comme ce Breton dans la jeune quarantaine qui suit Céline Dion partout où il peut. Il l'a vue sur les plaines d'Abraham l'été dernier, puis à Las Vegas, où il compte d'ailleurs retourner dans les mois qui viennent.

Agnès Gruda LA PRESSE

Il y avait aussi une jeune ingénieure, originaire du Venezuela, qui a appris le français avec les chansons de Céline. Ou encore cette sexagénaire de Toulouse, en rémission d'un deuxième cancer, venue assister au concert en compagnie de sa fille. Une dame pas très riche, qui n'a pas hésité à débourser 300$ pour entendre la chanteuse qu'elle adore et qu'elle décrit comme «un ange». Ce n'est pas donné, reconnaît-elle. «Mais au moins, je l'aurai vue avant de mourir.»

Ce n'est qu'un tout petit échantillon du public qui remplissait le Palais Omnisport de Bercy, hier, pour le premier d'une série de sept concerts donnés par la mégastar québécoise, de retour à Paris après cinq ans d'absence. Elle y était attendue les bras ouverts: le stade de 17 000 places était rempli à craquer, hier, et les six autres concerts se donnent également à guichets fermés. «Coup de folie à Bercy», a titré le magazine Le Nouvel Observateur.

Avant le début du concert, des fans déçus se promenaient encore devant le stade dans l'espoir de trouver un billet de la dernière chance. Une poignée de jeunes femmes criaient: «Céline, c'est l'idole de la jeunesse.» Tandis que des spectateurs attrapés au hasard par une caméra du Nouvel Observateur faussaient joyeusement Pour que tu m'aimes encore.

Le concert a pourtant décollé bien sagement, devant un public enthousiaste, mais sans exubérance. Tout de noir vêtue, Céline Dion a cassé la glace avec Je voudrais parler à mon père, chanson tirée de Sans attendre, son plus récent album de chansons en français, sorti l'an dernier.

Il faudra attendre Tel est mon destin, écrite par Jean-Jacques Goldman, Loved me Back to Life, chanson titre de son CD tout neuf, mais surtout, S'il suffisait d'aimer, All by Myself et J'irai où tu iras pour que la salle s'anime vraiment, que des cris d'excitation fusent des gradins et que des spectateurs se précipitent pour danser devant la scène.

Maman Céline

La dernière fois où la chanteuse s'est produite à Paris, c'était avant que ses jumeaux, Eddy et Nelson, ne voient le jour, a-t-elle rappelé dans une brève présentation de son spectacle. Les images des deux gamins jouant sur une plage de rêve avec maman Céline ont servi de trame visuelle à la chanson La mer et l'enfant. Plusieurs spectateurs voient dans la façon dont Céline Dion aborde le thème de sa maternité une preuve de sa simplicité. «J'aime la manière dont elle mêle sa vie personnelle et sa vie professionnelle», a noté une spectatrice.

Pour cette toute petite tournée - le passage à Bercy a été précédé de deux concerts à Anvers, en Belgique -, Céline Dion a choisi un ton sobre, dans la mesure où un show à Bercy peut être qualifié de sobre. Accompagnée par «seulement» 11 musiciens et 3 choristes, celle que le journal Le Parisien a appelée «The Voice» a chanté surtout en français. Et elle s'est contentée de quelques projections de banquises et de la Terre sur un écran géant, en plus des scènes de vacances familiales.

Dans une entrevue récente, Céline Dion a déclaré ne pas aimer la fameuse chanson thème du film Titanic. Elle ne l'en a pas moins chantée avec beaucoup de conviction en rappel, avant d'enchaîner avec Pour que tu m'aimes encore.

«C'était génial», se réjouissait un spectateur après une ultime chanson a capella. Pour un autre, qui la voyait pour la première fois, Céline Dion s'est montrée «très vraie, très proche, elle a gardé sa partie française pour nous».

La partie américaine, elle, reprendra du service après le 5 décembre, alors que la star québécoise rentrera à Las Vegas, où elle retrouvera le Caesars Palace jusqu'en mars, puis de juin à août 2014.