L'édition 2010 d'Heavy MTL a maltraité bien des tympans en fin de semaine au parc Jean-Drapeau. Par ailleurs, La Presse s'est faufilée parmi les 300 chanceux qui ont pu assister à un concert surprise et secret de Megadeth au Métropolis.

Hugo Meunier LA PRESSE

Tout a débuté samedi vers 22 h.

Une étrange rumeur se répandait: Megadeth allait donner un concert surprise et gratuit dans la nuit d'hier au Métropolis, pour les 2000 premiers fans à se présenter aux portes. Au même moment, la bande à Dave Mustaine servait aux milliers de fans du parc Jean-Drapeau une véritable leçon de métal, livrant la quasi-totalité des pièces de l'épique Rust in peace.

Nous avons donc foncé vers le Métropolis. À notre arrivée rue Ste-Catherine, à peine une cinquantaine de personnes faisaient la file. Quelques fans se demandaient d'ailleurs s'ils n'étaient pas victimes d'un canular.

Les portes se sont finalement ouvertes vers 1 h. Trois cent personnes tout au plus y étaient. Presque tout le monde était à une distance de postillon de Dave Mustaine. Puis, le rideau s'est levé sur le coup de deux heures.

Les quatre musiciens maltraitaient frénétiquement leurs instruments. Mustaine au centre, dissimulé derrière sa crinière blonde-rousse bouclée. Durant une heure, Megadeth, icône mondiale du métal, était redevenu band de garage.

Observer ces virtuoses du Thrash plaquer les premiers accords d'In my darkest hour confirmait aux gens qu'ils assistaient à un véritable happening. On a même vu Dave Mustaine sourire derrière ses cheveux à quelques reprises. Le groupe s'est aussi offert un cadeau en interprétant Skin O' my teeth, Angry again et une reprise coup de poing de Paranoid de Black Sabbath. Megadeth a achevé le public en transe avec les épiques et ancestrales Hook on my mouth et The Mechanix.

Laconique, Mustaine a simplement dit merci, la main sur le coeur avant de quitter la scène. Puis les gens se sont regardés, l'air de se dire «On vient de se taper une heure de Megadeth en privé pour vrai là!»

Trois cent personnes, tout au plus, se pincent encore aujourd'hui.

Messe noire

Des milliers de fidèles ont communié à coup de séances d'air guitar et de signes du devil dans le cadre de cette messe noire tapageuse dopée à la testostérone au parc Jean-Drapeau. L'événement s'est terminé sur une bonne note hier avec les prestations musclées de Lamb of God (brutal), Avenged Sevenfold, Rob Zombie et Korn.

Ces derniers se préparaient à monter sur scène lorsque nous avons envoyé ces lignes.

Rob Zombie venait de mettre la table, avec une mise en scène à saveur de films de série B - avec confettis et ballons - dont lui seul a la recette. En plus des vidéos et des effets pyrotechniques, les paroles de ces chansons défilaient derrière dans une espèce de karaoké machiavélique. M. Zombie a ensorcelé la foule avec plusieurs incontournables, dont Dragula.

La veille, entre Megadeth et Slayer, nul autre qu'Alice Cooper, icône vivante, s'était faufilé sur scène. Ce routier de 62 ans a débuté sa prestation en lion avec les classiques School's out, No more Mr. Nice guy et I'm eighteen, histoire de se mettre au diapason de la foule survoltée et assommée par un rouleau compresseur nommé Slayer.

Avec son maquillage de clown triste, Alice a fait honneur à sa réputation en interprétant ses chansons de façon théâtrale. Avant Cooper, Slayer a donné un des moments forts de la soirée. Difficile de ne pas réagir aux prouesses olympiennes du batteur Dave Lombardo, surnommé the Feet pour des raisons évidentes.

Quant au leader Tom Araya, en grande forme, il fallait le voir promener son regard sur la foule comme s'il voulait tuer de manière lente et douloureuse.

Mais visiblement heureux d'être sur place, Slayer a joué les incontournables Season in the abyss, angel of death, War ensemble et Dead skin mask, à la foule hystérique.

Les fans grouillaient nombreux sur le site immense, affichant leurs allégeances avec des t-shirts noirs, dont la plupart seraient interdits dans les écoles privées de la province. Et les tatouages, bien en évidence, représentaient rarement un joli papillon, un soleil ou un signe chinois se traduisant par «sérénité ou bonté».

La foule avait peut-être l'air féroce, mais l'ambiance était bien festive et la bière coulait à flot.

Difficile de passer sous silence les passages de Mastodon et de la Montréalaise Melissa Auf Der Maur, deux favoris. Rob Halford, Fear Factory, Testament, Anvil et les Québécois Kataklysm ont également contribué à faire grimper le taux de décibels.