Le shoegaze, un sous-genre rock qui se fond dans un magma incandescent de guitares distorsionnées depuis la fin des années 80 (My Bloody Valentine, ben oui...), a passablement évolué.

Alain Brunet LA PRESSE

Au groupe norvégien Serena Maneesh, on peut d'ailleurs attribuer quelques pierres à cette muraille qui s'est érigée au cours des deux dernières décennies. Le premier album (sans titre) de la formation en avait séduit plus d'un, près de cinq années se sont écoulées avant la sortie de ce No 2: Abyss in B Minor. Le groupe n'aurait-il pas dû accoucher beaucoup plus rapidement? En ce qui me concerne, oui. Cet «abysse en si mineur» propose néanmoins des assortiments de sons plus ambitieux qu'au premier chapitre. Oui, des mélodies indolentes, presque célestes, émergent d'un courant tourbillonnaire, mais on y confère cette fois des ornements recherchés ; rythmes électro, batterie complexe, harmonies étoffées, ponctions de rock prog, etc.

Mieux maîtrisé sur le plan technique, plus complexe, ce rock plaira certes à celles et ceux n'ayant pas découvert le premier album. Toutefois, ceux qui en avaient apprécié l'énergie viscérale pourraient rester sur leur appétit... la recherche n'a peut-être pas encore abouti.

Extrait: I Just Want To See Your Face

ROCK

Serena Maneesh

No 2 : Abyss in B Minor

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4AD