Avec les récents albums de Limp Bizkit, Slipknot ou des jeunes prodiges de Tetrarch, le nu-metal semble en voie de retrouver une partie de sa pertinence en explorant des avenues encore plus lourdes et sombres qu’il y a 20 ans. Avec leur nouveau Requiem, les vétérans de Korn se joignent au renouveau en confirmant qu’ils n’ont nullement l’intention d’y jouer un rôle de figurant.

Publié le 5 février
Pierre-Marc Durivage
Pierre-Marc Durivage La Presse

En porte-à-faux des sonorités métalliques et industrielles du nu-metal que Korn a contribué à créer il y a presque 30 ans, les timbres riches des guitares et la puissance feutrée de la batterie sont perceptibles d’entrée de jeu sur la dynamique et lourde Forgotten, ce qui confère à l’ensemble une ambiance organique, résultat du choix judicieux d’enregistrer sur des équipements analogues.

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Si le son du nouveau Korn se distingue de belle façon des enregistrements précédents du groupe, on ne patiente pas longtemps avant de retrouver l’ambiance si caractéristique créée par les enchaînements d’arpèges tendus d’effets qui définissent le jeu de la sept cordes de James « Munky » Shaffer. Dans Start the Healing, ce sont les refrains appuyés par les rugissements saccadés de Jonathan Davis qui nous rappellent les fondements du nu-metal. On est donc en terrain connu, mais c’est diablement efficace, en particulier dans l’irrésistible crescendo du pont : « The more you fall for it, the more it starts to stick », répète inlassablement Davis avant de conclure avec « It’s never gonna quit ! ». Sa douleur relative à la mort de son ex-femme Deven, qui a succombé en 2018 à un mélange accidentel de drogues et de médicaments, est certainement encore perceptible.

Davis vocifère encore plus fort dans Hopeless and Beaten, la pièce la plus lourde du disque, probablement aussi l’une des meilleures. On entre ici franchement en territoire métal avec des refrains appuyés de passages férocement rugis, une avenue que le groupe aurait avantage à répéter.

Le disque, somme toute très bien ficelé, se termine avec Worst Is on Its Way, clin d’œil le plus manifeste au passé glorieux du quintette américain. Confiant d’avoir prouvé qu’il peut encore être créatif, le groupe nous fait plaisir en concluant avec le scat agressif si caractéristique de Davis. C’est de bonne guerre.

Requiem

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Loma Vista Recordings

½