(Edmonton) Le chanteur country albertain Corb Lund s’est joint à quelques amis musiciens pour rééditer une chanson vieille de 12 ans afin de s’opposer à la possibilité d’extraire du charbon à ciel ouvert dans les montagnes Rocheuses.

Bob Weber La Presse Canadienne

Lorsqu’il a écrit This Is My Prairie, qui parle d’un fermier déterminé à défendre le paysage qu’il affectionne contre un développement invasif, Corb Lund ne cherchait qu’à créer une bonne chanson de feu de camp.

« C’était juste une histoire avec un personnage fictif », dit-il.

Depuis, les évènements se sont bousculés et ont semblé rattraper le monde fictif de la chanson. Les sommets et les contreforts des Rocheuses albertaines ont été vendus pour permettre l’extraction du charbon et plusieurs entreprises ont annoncé leur intention d’exploiter des mines à ciel ouvert.

Le fameux personnage de défenseur du paysage, imaginé par le chanteur, est soudainement bien réel.

« Cette affaire de charbon est arrivée et j’ai repensé à la chanson et tout était là, mot pour mot », raconte Corb Lund depuis chez lui à Lethbridge.

« Je me suis dit que ce serait une belle occasion de rééditer la chanson et puis je me suis dit que ce serait peut-être bien d’y ajouter quelques personnes. J’ai appelé des gens qui me soutenaient sur Twitter et ils étaient tous d’accord », raconte l’artiste en résumant la genèse du projet.

La nouvelle version de This Is My Prairie met en vedette de grands noms de la scène country albertaine, dont Brett Kissel, Terri Clark et Paul Brandt. La chanteuse autochtone Sherryl Sewepagaham interprète aussi un couplet en cri. Ils espèrent que la pièce deviendra un hymne d’opposition aux développements miniers.

Les bénéfices seront versés à des organismes locaux opposés aux projets d’extraction du charbon.

Corb Lund ne se gêne pas pour manifester son opposition aux projets de mines, s’exprimant sur les réseaux sociaux et dans des entrevues accordées aux médias. Au-delà du paysage, l’artiste s’inquiète des conséquences sur les ressources en eau potable et les risques de contamination.

« C’est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un enjeu politique. C’est un enjeu d’eau potable. Les gens de la campagne sont en colère, les Premières Nations sont en colère, les gens de la ville sont en colère. Ça ratisse très large », soutient-il.

Le moment choisi pour lancer la chanson s’explique par la volonté de ramener le débat sur la table et s’assurer que le tout demeure bien frais dans la tête des Albertains parce que la lutte n’est pas terminée.

Le gouvernement de l’Alberta attend les recommandations d’un groupe d’experts qui a écouté les citoyens afin de savoir si l’exploitation minière devrait être permise, et de quelle manière, puisque les sites visés se trouvent à proximité des sources d’eau potable desservant la majorité de la province.

Le groupe d’expert doit remettre son rapport à la ministre de l’Énergie, Sonya Savage, le 15 novembre. Déjà, le président du comité a reconnu cette semaine que la majorité des témoignages recueillis étaient « fortement opposés » aux mines.

S’il est impatient de connaître les conclusions du rapport, Corb Lund prévient le gouvernement qu’il n’est pas question que celui-ci soit mis sur une tablette.