On est en terrain connu dès qu’on met l’oreille à Peace or Love, premier album de Kings of Convenience en 12 ans. Ces guitares acoustiques qui scintillent calmement, ce duo de voix, très posées, s’entendaient déjà dans le folk d’appartement de Riot on an Empty Street, album qui a fait connaître le groupe norvégien de par le monde en 2004.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

La petite différence, c’est qu’on sent une gravité qu’on n’attendait pas dans Rumours, le morceau qui ouvre le disque. L’atmosphère s’allège toutefois assez vite : Rocky Trail, chanson suivante, est en effet portée par un rythme entraînant. Mais on s’entend : on ne s’énerve jamais beaucoup chez Kings of Convenience. C’est du violon et du xylophone qu’on entend derrière les guitares et les voix d’Erlend Øye et d’Eirik Glambek Bøe.

Peace or Love ne réinvente rien. On ne va pas s’en plaindre. Que les deux complices flirtent avec la musique brésilienne (Angel) ou font du folk confortable comme un tapis à poil long, ils posent des atmosphères réconfortantes. Et leur mélancolie n’est jamais pesante, contrebalancée par ce qu’il y a de rond et de romantique dans les voix.

Le duo norvégien fait peu de faux pas, sauf peut-être dans la trop littérale Ask for Help. Pour le reste, ceux qui ont aimé Kings of Convenience il y a 15 ans risquent d’apprécier. Et se réjouir de retrouver Feist sur Love Is a Lonely Thing. Innover, c’est bien. Peaufiner, ça peut être suffisant et juste faire du bien.

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Peace or Love

Folk

Peace or Love

Kings of Convenience

EMI

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