Pas besoin d’avoir beaucoup de science pour comprendre le dernier projet des Black Keys. On ne baptise par un disque Delta Kream sans prétendre offrir la crème du blues, même si techniquement Dan Auerbach et Patrick Carney puisent leur inspiration loin au nord du delta du Mississippi, à la frontière du Tennessee.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Le 10e album de Dan Auerbach et Patrick Carney, apparemment enregistré en seulement une dizaine d’heures, est fait de reprises de bluesmen trônant au sommet de leur panthéon personnel : John Lee Hooker, R. L. Burnside et surtout Junior Kimbrough (presque la moitié du disque). Des pointures du country blues du Mississippi.

Ce blues-là, revu par les Black Keys avec la collaboration du guitariste Kenny Brown et Eric Deaton (qui ont tous les deux travaillé avec Kimbrough), repose sur un sacré fond de groove. Ce qui est un très bon départ. Delta Kream s’appuie aussi – et ce n’est pas une surprise – sur des guitares bien graveleuses, qui sentent la sueur et les soirées qui ne veulent pas finir.

Et c’est sa principale qualité.

Ces six-cordes au phrasé éloquent ne suffisent cependant pas à élever tous les morceaux aux mêmes hauteurs. Delta Kream a du coffre, mais le chant de Dan Auerbach, plus dépouillé qu’à l’ordinaire, n’a pas toujours ce qu’il faut pour tenir tête à ce blues bien pesant. L’élément irritant n’est pas majeur, mais c’est le coup de fouet qui manque pour vraiment faire monter la crème.

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PHOTO FOURNIE PAR NONESUCH RECORDS, PAR ASSOCIATED PRESS

Delta Kream

Blues-rock
Delta Kream
The Black Keys
Nonesuch/Warner
★★★½