Ralentir, respirer, revenir à l’essentiel, n’est-ce pas ce dont on a besoin en ce moment ? Hendrik Weber (alias Pantha du Prince) semble l’avoir pressenti.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Conference of Trees, son sixième album, débute en douceur avec une plage de plus de 10 minutes articulée autour du bourdonnement de ce qui pourrait être un violoncelle, délicatement enveloppé de textures diverses et de mélodies minimales.

Ce pourrait être vaporeux, mais c’est au contraire très enraciné. Ce fin travail d’ambiance se déploie dans le morceau suivant avec de grouillantes notes de xylophone et de percussions de bois évoquant cristaux de neige et rythmes tribaux.

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Il faut attendre le quatrième extrait pour qu’émerge une pulsation électro, posée et agrémentée de cloches.

PHOTO FOURNIE PAR MODERN RECORDINGS

Conference of Trees, de Pantha du Prince

Conference of Trees témoigne d’une volonté d’évoquer la forêt, ses matières et les vies qu’elle couve, mais sans faire éthéré et encore moins ésotérique. Weber nourrit des musiques organiques qui titillent l’oreille, qui interpellent aussi le corps, sans chercher à faire danser (même si on le pourrait sur Roots Making Family).

S’il y a quelque chose de spirituel dans ce disque, on sent surtout un contagieux plaisir du son et des rythmes, quelque chose de plus vivant que bien des musiques électroniques faites par et pour la tête.

★★★★

Conference of Trees. Pantha du Prince. Modern Recordings.