Il y a quelque chose de maniéré, une façon de poser chez Julien Doré qui peut énerver. On ne peut jamais vraiment s’empêcher de penser qu’il se la joue. Qu’il surjoue, même. C’était vrai sur son premier disque, ce l’était encore lors de son premier passage sur scène à Montréal, à l’Astral, et ça le demeure sur son plus récent disque.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Sauf que ce gars-là, il faut l’admettre, fait aussi des chansons qui visent en plein dans le mille. La fièvre, dévoilée plus tôt cet été, est de celles-là. Sur une musique pop plutôt légère, Julien Doré fait glisser des phrases coup de poing, assénées l’air de rien : « Et dans nos envies de plage, d’UVA et d’UVB/J’en vois quelques-uns qui nagent, lorsqu’on a déjà coulé. »

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Son premier album en quatre ans, aimée (sans majuscule, oui), n’est pas toujours aussi juste. Son duo avec Clara Luciani (L’île au lendemain) tombe un peu à plat. Pas Bla-bla-bla (avec Caballero et JeanJass), par contre, morceau dynamique malgré son refrain désabusé.

Julien Doré marche sur une fine ligne où les propos plutôt graves (il est beaucoup question de l’état du monde) sont déposés sur des claviers souvent bonbons, des chœurs presque doucereux (des voix d’enfants reviennent plus d’une fois sur le disque) et des rythmes un peu dansants. Par contraste, ces musiques mettent en lumière sa plume franche, parfois même poétiquement clairvoyante.

aimée demeure néanmoins un objet étrange, pompeux même si les musiques sont assez minimales, traversé par une ironie finaude et pourtant capable d’une très touchante sincérité. Après, il reste cette manière et ce ton sirupeux auxquels on adhère… ou on résiste.

IMAGE FOURNIE PAR SONY

Pochette de l’album aimée

aimée
Julien Doré
Sony
Offert maintenant
★★★