Il y a deux ans, lorsqu’une controverse a éclaté autour du spectacle SLĀV, Moses Sumney a annulé son concert prévu au Festival international de jazz de Montréal. Son geste de protestation montre l’importance qu’il accorde à l’intégrité.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Ce qui se reflète sur le plan artistique : son album græ est un objet unique, sans compromis. Pour faire simple, on pourrait dire que Moses Sumney est une comédie musicale à lui tout seul. Sauf qu’il n’avance pas seul (une dizaine de réalisateurs et des artistes comme Jill Scott et James Blake apparaissent ici) et son univers musical lorgne plutôt l’art-pop et le R&B.

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Il reste qu’il déploie des chansons aux arrangements touffus (cordes, cuivres, accents jazz, lutherie électronique) où les émotions sont exprimées avec grandeur, dans des écrins musicaux qui empruntent autant à la chanson expérimentale bleutée (James Blake, disait-on) qu’à la pop plus onctueuse. græ sonne comme une épopée intime où il est question de l’enfance, de l’envie d’être multiple, de souffrance et d’amour.

IMAGE FOURNIE PAR JAGJAGWAR

græ, de Moses Sumney

Grandiose et dense, sans jamais verser dans la grandiloquence, Moses Sumney signe un album épatant, foisonnant, qui remplit nos oreilles de surprises.

★★★★

Rock progressif. græ, Moses Sumney, Jagjagwar.