Avec sa musique pop festive aux accents gitans et ses allures de gentil garçon, Kendji Girac est l’une des vedettes populaires de l’heure en France. Nous l’avons rencontré alors qu’il fera ses premiers pas au Québec, lors d’un spectacle à L’Olympia jeudi. Portrait d’un phénomène.

Josée Lapointe
Josée Lapointe La Presse

Les débuts

Kendji Girac a été le grand gagnant de la troisième édition de The Voice : la plus belle voix, en 2014. Le chanteur d’origine gitane et catalane, qui faisait partie de l’équipe de Mika, n’avait que 17 ans lors de sa victoire, et c’est après qu’il eut mis en ligne une vidéo sur YouTube en 2013, dans laquelle il reprenait le tube de Gims Bella, que l’équipe de l’émission a sollicité sa candidature. Six ans après sa victoire, Kendji Girac se retrouve lui-même coach à The Voice Kids – les épisodes seront diffusés à la fin de l’été – et croit toujours autant en l’importance des concours télévisés. « Aujourd’hui, il y a les réseaux sociaux qui aident à se faire connaître. Mais une émission de télé, ça nous permet vraiment de rejoindre le grand public. »

La musique

Kendji Girac, qui puise beaucoup dans le style musical de son enfance, raconte qu’il chante depuis qu’il est tout petit. « Plus jeune, je n’arrêtais jamais de chanter, je cassais les oreilles de ma mère tellement je chantais toute la journée. » C’est son père qui lui a appris à chanter « et, aujourd’hui encore, quand je le vois chanter, j’ai des étoiles plein les yeux ». Le jeune homme s’est mis à la guitare plus tard, vers 13 ans. « Je me suis rendu compte qu’il me manquait quelque chose. Depuis je ne l’ai jamais lâchée, et j’apprends de plus en plus », dit le chanteur de 23 ans, qui consacre toute son énergie à sa carrière. « On a été constamment partout, avec les albums, la promo, les spectacles, pour que les gens comprennent qu’il y a de la nouvelle musique à écouter. Il faut faire ça pour se démarquer. »

Les chiffres

Le succès de Kendji Girac a été instantané et phénoménal. Sortis entre 2014 et 2018, ses trois premiers albums se sont vendus à 4 millions d’exemplaires, et au moins trois de ses vidéoclips ont été vus sur YouTube plus de 100 millions de fois. Son premier succès, Andalouse, sorti en août 2014, atteint l’incroyable nombre de 328 millions de vues. « Ça donne le tournis, admet-il. Moi, je faisais juste ma musique, je ne pensais pas que ça arriverait. Du coup, ça fait plaisir, et ça donne envie de travailler plus encore. J’en suis fier, et mes parents aussi. » Le jeune homme, qui a quitté tôt l’école et a été élevé en partie sur les routes, n’a jamais renié ses origines – « sinon, on perd une identité, un charme, une âme qu’il faut garder » – et est resté très proche de ses parents. « Ils sont toujours là pour me ramener sur le droit chemin si je fais un pas de travers. » Selon Kendji Girac, le succès vient avec des responsabilités, et il estime qu’il doit à ses fans, surtout les plus jeunes, de bien se comporter. « On n’a plus le droit de faire des bêtises comme avant. »

Ginette Reno

Le 4 janvier, lors de l’émission de télé française La chanson secrète, diffusée sur TF1, Ginette Reno est venue chanter Ça pleure aussi un homme pour Kendji Girac, aux côtés de son papa en plus. On a pu voir le jeune chanteur véritablement ému. « Ginette Reno, c’est l’idole de mon père, il connaissait toutes ses chansons, alors moi aussi, mes frères, mes sœurs, mes oncles et tantes, mes cousins et cousines, même les petits chez moi, ils en chantent. » On s’y attendait donc un peu, et la nouvelle a été confirmée la semaine dernière : Ginette Reno, qui adore la chanson Les yeux de la mama, rejoindra Kendji Girac sur scène lors de son spectacle à L’Olympia jeudi. Mais pourquoi cette affection pour la chanteuse québécoise ? « Ça chante vraiment en fait. Elle a une vraie puissance vocale et, aujourd’hui, peu de gens ont ça. Cette façon, ce coffre, ce sentiment, chaque fois que je l’entends, mon corps frissonne. Ça me fait toujours ça depuis que je suis tout petit. »

Montréal

Alors que Kendji Girac donne des spectacles presque uniquement dans de grandes salles en France – le circuit des Zenith, les grands festivals – et qu’il multiplie là-bas les collaborations, avec notamment Claudio Capéo (Que Dieu me pardonne) et Damso (Maria Maria), il repart à zéro de ce côté-ci de l’Atlantique. Il se produira d’abord à Miami et à New York, avant d’établir un premier contact avec le public montréalais. « Je m’attends à m’amuser avec le public. On va faire tout pour qu’ils nous connaissent, pour qu’on fasse la fête ensemble. » Ce côté festif est d’ailleurs sa marque de commerce, et le chanteur l’assume totalement. « On profite de l’instant présent. Ça fait du bien d’oublier ce qui se passe autour. Tant qu’on a la santé, on peut faire la fête, voilà ! » Il s’en vient donc à Montréal avec un spectacle un peu remanié, qu’il voit comme une carte de visite. « Quand je pense que j’ai débuté avec ma guitare chez moi, c’est incroyable d’aller chanter aussi loin. Et j’espère que ce n’est pas la dernière fois. »

Kendji Girac sera en spectacle à L’Olympia de Montréal le 5 mars.