Entre ses spectacles avec Valaire et Qualité Motel, Luis Clavis a profité d’une pause pour concocter un premier album solo en français, intitulé Homme objet.

Émilie Côté
Émilie Côté La Presse

Le groove à la fois dansant et intime de ses chansons flirte avec celui des Louanges. Auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste, percussionniste et réalisateur, Luis Clavis maîtrise avec brio les codes de la pop et de l’électro, voire du hip-hop. Ses instrumentations, ses rythmes et ses arrangements sont aussi raffinés et suaves qu’entraînants.

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Homme objet, de Luis Clavis

Mais quel curieux contraste avec le deuxième degré des paroles des chansons qui ont pour titre Dix-trente, Futur Hasbeen, Bulles de nuit ou encore Cycle délicat. Bien entendu, Luis Clavis – habitué de l’émission radiophonique Plus on est de fous, plus on lit – est ironique. Il dénonce certains traits de la société de consommation, que ce soit les virées au IKEA et l’obsession des trentenaires pour les rénovations. Sa plume personnifie un « MC un peu loser qui regarde la vie avec contemplation », a-t-il précisé en entrevue avec la SOCAN.

Extrait de La vie's life

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Or, ce choix d’écrire au « je » avec sarcasme vient amenuiser la force de frappe de ses chansons, notamment sur la ballade au refrain éblouissant Relever le défi. En chantant avec nonchalance Ma vie’s life, Luis Clavis dénonce le nombrilisme avec humour et cynisme. Mais pourquoi se cacher derrière tout ce deuxième degré ? Exercice de style ou sabotage ? On hésite encore… On aurait pris davantage de textes personnels comme celui de Farewell.

★★★

Électro, Homme objet, de Luis Clavis, Audiogram