Et dire que tout a commencé en toute modestie dans un petit sous-sol vancouvérois, au milieu des années 90.

Philippe Beauchemin Philippe Beauchemin
La Presse

Dan Bejar menait alors un projet musical sans grande ambition qui consistait en une exploration des genres, plus précisément à l’ajout de touches numérisées sur des sonorités plus glam et à l’utilisation d’accords de guitares stridentes sur des ensembles à l’esthétisme pop, disco, voire crooner.

Le projet a grandi, porté par la démarche unique de cet artiste, et le groupe Destroyer a pris forme. Il a trouvé son public au milieu des années 2000 et la reconnaissance au début de la décennie suivante — avec Kaputt, en 2011, et surtout Poison Season, en 2015.

> Extrait de Cue Synthesizer

0:00
 
0:00
 

IMAGES FOURNIE PAR MERGE RECORDS

Pochette de l’album Have We Met, de Destroyer

Nous arrive le 13e album du groupe, Have We Met, et, encore une fois, Bejar pioche à coup de sonorités synthétisées et de guitares électriques — qui se font plus discrètes ici, laissant place au piano et la basse — dans son terroir de prédilection, soit l’exploration de la musique lissée (yacht rock).

En résulte une pop rock adulte sérieuse — on pense quelques fois à du vieux Pet Shop Boys —, mais qui manque tout de même un peu d’originalité. 

On retrouve cependant un Bejar bien inspiré côté texte où, d’un humour noir — « Just look at the world around you…/Actually, no, don’t look ! » —, il disserte sur les qualités — et surtout les défauts — de la société et de l’être humain.

★★★½

Rock alternatif. Have We Met, Destroyer, Merge Records.