Parfois, une chanson s’installe dans notre cœur pour toujours. Cet été, des personnalités racontent l’histoire qui se cache derrière une œuvre qui les habite depuis des années.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

À quelques jours de s’asseoir dans le prestigieux siège d’animateur matinal d’ICI Première, Patrick Masbourian a replongé dans son enfance pour y trouver un souvenir chansonnier : Tu verras. « Mes parents écoutaient énormément de classiques des chanteurs français. Ils étaient très axés sur la chanson réaliste interprétée, les Piaf, Brel, Bécaud et compagnie. »

Claude Nougaro l’interpellait davantage en raison de son métissage musical, lui qui offrait de la chanson française fortement influencée par le jazz et les musiques du monde. Tu verras est d’ailleurs l’adaptation de O Que Será ?, une chanson brésilienne très connue du chanteur Chico Buarque.

Quand il était très jeune, la chanson a marqué Patrick Masbourian en raison de l’ouverture sur le monde dont elle témoignait. « Je suis le fruit de générations qui ont toujours migré. Mes grands-parents sont des Arméniens de Turquie qui sont allés en France. Mes parents sont nés en France et ils sont venus en Amérique. Moi, je suis né à Fort Lauderdale — je ne m’en vante pas trop — et j’ai grandi au Québec dans la Petite Italie, à Montréal. Je suis un mix de toutes sortes d’affaires et c’était au cœur de ma quête identitaire. »

Des années plus tard, en redécouvrant la chanson dans le film Carne du réalisateur Gaspar Noé, l’animateur a compris toute la portée du texte de Tu verras, qui évoque à la fois l’euphorie et la désillusion amoureuses.

« Puisque je suis d’une nature un peu pessimiste, j’ai toujours été interpellé par ça, cette idée de promettre la lune à quelqu’un, avant d’être rattrapé par la banalité de la vie. C’est très dur de maintenir la flamme jusqu’à la fin. Au fond, c’est un peu ça, le défi de l’amour. »

Un engagement

Se décrivant comme un gars qui jadis changeait de blonde presque tous les six mois, avant de tomber amoureux de celle qu’il aime et avec qui il élève quatre enfants, il affirme vouloir parcourir le chemin décrit par la chanson. « Je n’ai pas nécessairement trouvé les clés pour rendre ma femme et mes enfants heureux à long terme, mais c’est réellement quelque chose que je veux réussir. C’est un engagement que je prends envers eux. »

Cette perception des relations lui a été léguée par sa mère. « Étant donné que mon père était un homme qui buvait beaucoup, ma mère a porté notre famille sur ses épaules jusqu’au bout. Ce genre d’engagement total, c’est quelque chose que j’ai trouvé vraiment difficile à prendre. Mais quand je l’ai fait, je me suis senti motivé par un sens du devoir. »

Malgré les creux amoureux mis en paroles dans Tu verras, Patrick Masbourian tente de concentrer ses espoirs sur la finale : « Tu me verras, chérie, allumer des clartés/ Et tu verras tous ceux qu’on croyait décédés/ Reprendre souffle et vie dans la chair de ma voix/ Jusqu’à la fin des mondes/ Ah, tu verras, tu verras. »