Elles ont jadis bloqué la rue Sainte-Catherine lors de leur passage à MusiquePlus. Elles ont été les premières à leur vouer un amour démesuré en remplissant l’auditorium de Verdun bien avant leur succès planétaire. Et, 26 ans plus tard, les Montréalaises (allons-y avec la majorité) restent des admiratrices incontestées des Backstreet Boys.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

La popularité du mythique boy band des années 90 ne s’essouffle toujours pas. Les cinq membres présentaient leur DNA World Tour à guichets fermés, hier soir, au Centre Bell, devant une foule hystérique et nostalgique de quelque 14 000 personnes.

L’ambiance était survoltée, c’est le moins que l’on puisse dire. Vingt-six ans de nostalgie réunis en un même lieu. Il va de soi que les sièges étaient inutiles, hier soir.

« On a tripé ben raide ! Ça faisait longtemps qu’on l’attendait, ce show-là ! Demain, on n’aura plus de voix, c’est sûr ! », résumaient les sœurs Cindy et Stéphanie Martel, à leur sortie du concert. Fans depuis l’enfance, elles s’étaient même confectionné des t-shirts à l’effigie de leurs idoles.

Les Backstreet Boys ont compris une chose : on ne change pas une formule gagnante. Les chorégraphies exécutées avec synchronisme, les clins d’œil coquins, l’étiquette propre à chacun : A.J. le bad boy, Brian le boute-en-train, Nick le sex-symbole, Howie le romantique et Kevin… le préféré des mamans.

Les jeux de lumière tout en synchronisme ajoutaient aux performances fougueuses des BSB, qui n’ont rien perdu de leur énergie d’antan. Pour le DNA World Tour, pas de ring de boxe ou de faux feu de camp comme dans la tournée This Is Us ; la mise en scène est plus épurée, laissant toute la place aux cinq chanteurs.

« C’est grâce à chacun d’entre vous qui êtes ici ce soir que les Backstreet Boys existent encore. »

Brian, qui a suscité une réaction explosive de la foule conquise

« Vous êtes les meilleurs fans des BSB depuis 26 ans », dit-il avant d’entreprendre en solo Nobody Else, suivie de New Love, une pièce du nouvel album DNA. L’entrain de la foule ne manque pas alors qu’il interprète ce récent morceau, mais l’engouement n’a rien à voir avec la réaction qui suit lorsque les premières notes de Get Down, l’un des plus grands succès du groupe, retentissent. Même les placières peinent à se contenir et dansent en chantant.

L'amour inconditionnel

Les Backstreet Boys n’ont pas oublié les 85 000 fans qui étaient allées les voir en spectacle au festival de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, à la fin des années 90. Ce concert historique les a fait connaître au monde entier et a propulsé leur carrière aux États-Unis.

« Montrééééééal ! C’est complètement incroyable. Cette place en entier est sold out ce soir ! Ça veut dire que vous aimez toujours les BSB ! Mais nous vous aimons aussi. On s’ennuyait de vous ! », remercie Nick en savourant la réaction chaleureuse qu’il vient de susciter. Pointant une pancarte rose fluo d’une admiratrice marquée d’un gros « DNA », le plus jeune membre du groupe ajoute : « Saviez-vous que Montréal est dans l’ADN des Backstreet Boys ? On vous aime, et c’est bon d’être de retour. Si vous êtes fans depuis 26 ans, criez. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Les Montréalaises (allons-y avec la majorité) restent des admiratrices incontestées des Backstreet Boys.

C’était le moment de mettre des bouchons. Quoique les cris soient moins stridents qu’en 1993, les jeunes fans de l’époque étant maintenant, elles aussi, 26 ans plus vieilles. N’empêche, leur amour inconditionnel a traversé les années et, si ça se trouve, n’a fait que s’amplifier.

Dans la section 117, Dominic, 5 mois – certainement le plus jeune admirateur de la soirée –, dort à poings fermés, laissant sa maman, Stéphanie Cordy, 29 ans, replonger dans ses souvenirs.

« Je viens du Nouveau-Brunswick et mon amie aussi. J’habite maintenant à Québec, mais, elle, elle est venue juste pour ça. Les deux, c’est notre première fois à Montréal ! », dit la nouvelle maman, berçant son poupon équipé d’immenses coquilles coupe-son sur les oreilles.

« On espère qu’ils vont jouer leurs vieilles tounes. Je pense qu’on serait quand même déçues s’ils ne jouaient que leurs nouvelles chansons », avouait Michelle Fortin, avant que le concert commence.

Elle a été servie : seules 8 des 33 chansons de la soirée étaient issues du nouvel album. Les fans de la première heure ont pu chanter à gorge déployée Quit Playing Games, Everybody et autres I Want It That Way qui ont marqué leur jeunesse. Il n’y a pas à dire, les murs du Centre Bell ont passé le test et peuvent sans aucun doute résister à n’importe quel séisme.

L'espoir d'une rencontre

Il n’était pas 16 h que, déjà, une file s’allongeait près du stationnement du Centre Bell. Des groupies espéraient croiser l’une de leurs idoles ou suffisamment soudoyer les gardiens de sécurité pour avoir un accès privilégié à l’intérieur avant le début du concert.

« J’avais 11 ans quand j’ai commencé à triper sur les Backstreet Boys. Je suis rendue à 35 ans. J’aimerais tellement rencontrer Brian, ça ne s’explique pas. Je pense que ça viendrait changer quelque chose dans ma vie ! »

Marie-Josée Ratelle

Marie-Josée s’assume complètement. Elle est en congé, il fait beau, pourquoi ne pas tenter sa chance de réaliser un rêve de jeunesse ? se dit-elle.

« Ça me rappelle l’époque où j'allais faire la file au Centre Molson pour avoir des billets. On dormait dans une tente ! », évoque celle qui n’aurait manqué cet énième concert pour rien au monde. « Ils refont toujours les vieilles chansons. Ça me rappelle mon adolescence. C’est une époque tellement importante dans une vie, et ces artistes-là ont joué un très grand rôle pour beaucoup de jeunes filles. »

Devant elle, Marie-Line Bolduc et sa cousine Marie-Soleil Côté se remémorent aussi de bons souvenirs et discutent de « l’after-party » où Nick, A.J. et Howie doivent se rendre après le concert.

« Je me souviens qu’on était gênées de dire qu’on aimait les Backstreet Boys au secondaire, avoue Marie-Line. Mais le pire, c’est qu’encore aujourd’hui, ils font de la bonne musique ! Ils ont réussi à se défaire de l’étiquette de groupe quétaine. »

Quétaines ou pas, les Backstreet Boys ont réalisé 10 albums et portent fièrement le titre du boy band le plus vendeur de l’histoire avec 130 millions d’albums écoulés dans le monde depuis 1996.