Sous la bannière Migration, véhicule du superbatteur Antonio Sanchez, l’album Lines in the Sand a été enregistré l’été dernier et lancé cette année sous étiquette CAM Jazz.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Matière principale d’un concert présenté dimanche au Théâtre Maisonneuve, ce projet se veut la réponse musicale d’un artiste d’origine mexicaine à la diabolisation des migrants par les pouvoirs populistes et ultranationalistes qui ont le vent en poupe.

Est-il besoin de préciser qu’Antonio Sanchez s’inscrit en faux contre ce recul inquiétant de l’ouverture et la compassion, et que cette position inspire sa musique. C’est du moins ce qu’il confiera au public venu à sa rencontre.

Le pianiste et claviériste (Fender Rhodes) John Escreet, le bassiste Orlando Le Fleming, le saxophoniste Chaise Baird, et la chanteuse Thana Alexa Pavelic ont été recrutés par Antonio Sanchez pour servir sa musique.

La musique ici déployée implique une approche de type néo jazz-fusion, forme en voie de retrouver ses lettres de noblesse… à laquelle on greffe des éléments de musique contemporaine, ou même des chansons de type indie pop sans compter des passages carrément ambient.

Certes exigeantes, exécutées par des musiciens hors pair et une chanteuse de puissance, soliste centrale à n’en point douter, ces compostions d’Antonio Sanchez ne transcendent pas vraiment ce qui nous a tant fait vibrer dans les années 70 et 80, de Return To Forever (époque Flora Purim et Airto) au Pat Metheny Group des grandes années.

Bien comprendre les enjeux de la conjoncture actuelle en matière de migration ne mène pas de facto à une vision éclairée du renouveau formel, côté néo-fusion...