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Carla Bozulich, la transe, les mots, le bruit, l'americana...

« Je n'ai pas d'adresse fixe. C'est un... (Photo fournie)

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« Je n'ai pas d'adresse fixe. C'est un choix. Je n'ai pas d'emploi fixe, je suis sans cesse en mouvement, je ne vois pas la nécessité de me payer un toit au-dessus de ma tête», confie l'artiste.

Photo fournie

Sous étiquette Constellation, ses albums font l'objet d'un culte certain, et pour cause : cette femme n'est pas singulière pour le simple plaisir de faire bande à part, elle est aussi très douée. Paru l'hiver dernier, son récent Boy a récolté d'excellentes critiques de par le monde. En voici le prolongement sur scène.

Carla Bozulich n'est pas née de la dernière pluie. Au début des années 80, elle réalisait ses premiers enregistrements, s'apprêtait à parcourir des milliers de chemins. Trois décennies plus tard, sa feuille de route a de quoi impressionner : Lydia Lunch, Xiu Xiu, Barry Adamson, Nels Cline (Wilco), Michael Gira (Swans) ou même Willie Nelson figurent parmi ses collaborateurs. Par chez nous, elle a joué à Victo, aux Suoni per il Popolo, se produit régulièrement au Québec, notamment parce que son label réputé s'y trouve.

Il est ici question de chansons, textes et musiques d'avant-garde traversés par la corrosion, le soufre, la poudre à canon, les solvants les plus efficaces, les martèlements les plus industriels, les plus piquantes micropuces. Mais également par le blues, le folk, le country, le gospel, le rock, le folklore celtique. Cette tension au féminin entre brutalité et délicatesse, entre tripes et esprit, entre bruit et mélodie, peut repousser ou séduire profondément. Cette manière d'americana s'avère parfois anguleuse, caverneuse, disloquée, mais aussi diaphane, céleste, ectoplasmique.

Débarquée dans la nuit qui soude lundi à mardi, Carla Bozulich arrive de Californie. Le soleil se lève, elle goûte les premiers jours de l'automne montréalais, accorde cette interview en prévision du concert qu'elle donnera aujourd'hui au Rialto. Elle reprendra ensuite la route, se trouvera en Angleterre pour y donner un séminaire d'écriture - car elle est aussi écrivaine. Nomade, donc.

« Je n'ai pas d'adresse fixe. C'est un choix. Je n'ai pas d'emploi fixe, je suis sans cesse en mouvement, je ne vois pas la nécessité de me payer un toit au-dessus de ma tête. Je voyage avec ma guitare, mes pédales, mes micros, mon ordi, de l'équipement pour enregistrer. Je loue les amplificateurs partout où je joue. »

Un mot, une réponse

Question d'alléger cette première conversation, suggérons à Carla ce petit exercice : un mot doit déclencher une réponse.

Transe : « L'état d'esprit dans lequel je me trouve lorsque je joue et je chante. Si ce n'est pas la transe, cela devient une torture. Il me faut atteindre ce sentiment de ne plus exister, de disparaître, de n'être rien. Ce qui est parfait pour moi lorsque cela se produit. »

Americana : « Les citoyens des États-Unis ne réalisent pas qu'ils ne sont pas les seuls Américains. »

Blues : « Voilà un beau problème ! »

Gospel : « Aspirer à la perfection. »

Improvisation : « Écouter, puis disparaître. »

Sujets récurrents : « Le salut, la rédemption. »

Obsession : « Le bruit. »

Voix et musique : « On ressent le mystère dans la musique lorsque la voix humaine ne s'y trouve pas. Je ne sais pas pourquoi la voix chasse ce mystère... et c'est pourquoi je cherche à utiliser la voix comme un instrument. »

La musique : « Elle ne doit pas être une construction intellectuelle. Personnellement, je m'applique à ne pas essayer quoi que ce soit, c'est mon objectif ultime. Je suis pourtant très précise dans ce que je fais, tant dans mon jeu, mon chant, mon écriture ou mon travail de studio. Pour moi, la précision est une valeur première. Cela étant, mon objectif est de me perdre en temps réel dans la création sans aucune considération intellectuelle, sans analyse. »

La reconnaissance : « J'avais 17 ans lorsque j'ai complété mon premier enregistrement. J'ai su assez rapidement que je ne serais jamais célèbre. Ce qui m'importe pour moi comme pour d'autres musiciens que j'estime doués, c'est d'avoir ce dont nous avons besoin pour créer, payer nos collaborateurs ou encore aider nos amis artistes qui en valent la peine. Il m'importe de poursuivre mon travail de musique et d'écriture, et d'ainsi compter sur un auditoire de la taille qui me permette de continuer. Et ce, tout en étant consciente que cette relation avec mon public contribue à façonner mon art. »

Dans le cadre de Pop Montréal, Carla Bozulich se produit jeudi soir, 21 h 30, au Piccolo Rialto




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