Un set carré ce soir à La Tulipe, ça vous dirait? C'est ce que propose Jean-François Berthiaume, câlleur de son métier. Il reste une cinquantaine de câlleurs au Québec, perpétuant cette tradition qui consiste à diriger les danseurs dans les soirées de danse traditionnelle. Il est l'un des rares à en faire son gagne-pain.

Caroline Rodgers LA PRESSE

«La tradition remonte au début des années 1900. Des Canadiens français qui étaient allés travailler aux États-Unis sont revenus ici avec de nouvelles danses, dont le set carré. Il fallait quelqu'un pour indiquer aux danseurs quoi faire. C'est comme ça que sont apparus les câlleurs.»

Pour cet original qui est aussi artiste peintre et percussionniste, le métier de câlleur est la suite logique d'une passion remontant à l'enfance.

«Mon père jouait de l'accordéon et mon grand-père, du violon. On dansait la Main blanche du Richelieu, un set carré. À 10 ans, je regardais tous les vidéoclips à la télé. Je voulais suivre des cours de breakdancing, mais il n'y en avait pas dans mon coin, à Laval. Alors mon père m'a inscrit à une troupe de danse folklorique.»

Géographie de la danse

Après avoir passé six mois en Irlande à 19 ans pour apprendre les danses de ce pays, il a entrepris des recherches sur les variantes régionales des danses folkloriques québécoises.

«Ça fait 20 ans que je m'assieds avec les personnes âgées pour leur demander de me décrire comment elles dansaient dans leur région. Au Québec, on a cinq danses principales: le cotillon, le quadrille, la contredanse, le set carré et la gigue.»

La danse traditionnelle compte encore ses adeptes. Mais les veillées dans les sous-sols d'église et les gymnases éclairés aux néons n'attirent que des danseurs qui ont déjà la piqûre. Jean-François Berthiaume veut propager sa passion. Pour lui, la danse traditionnelle est une activité qui regroupe les gens à une époque où chacun se retrouve isolé devant son écran. D'où l'idée d'amener une veillée folklorique dans un endroit comme La Tulipe, pour faire découvrir ces danses à un plus grand nombre.

«Je veux présenter la danse dans un contexte plus valorisant, avec de meilleurs éclairages et une bonne sonorisation. Nous allons avoir trois violons, de la guimbarde, des percussions. Même si les gens ne savent pas danser, ils sont invités à apprendre en regardant les autres et je vais adapter les danses en fonction du niveau des personnes sur place.»

À La Tulipe ce soir, 20h.