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Diana Krall persiste et signe

Diana Krall.... (Photo fournie par Universal)

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Diana Krall.

Photo fournie par Universal

Diana Krall est lasse, ça s'entend. Elle fait la promotion de son nouvel album Quiet Nights depuis une bonne semaine et son horaire de la journée, avec des interviews à la chaîne, accuse un retard certain. Il est presque 17h à Toronto et elle n'a qu'une envie: se servir un verre et regarder la première canadienne de l'émission de son mari (Spectacle: Elvis Costello with..., sur CTV, le vendredi à 22h).

La chanteuse et pianiste s'excuse d'être en retard et se met aussitôt en mode questions-réponses. Pendant les 20 minutes qui suivront, elle échappera un ou deux bâillements, mais toujours, je la sentirai disponible, spontanée et transparente.

La dernière fois qu'on l'a vue à Montréal, le 17 septembre 2006, Diana Krall proposait les chansons de son album From This Moment. On à une poignée de privilégiés dans l'intimité de l'Espace Dell' Arte, rue Jean-Talon. «Oui, c'était bon, j'ai bien aimé, dit-elle. J'étais enceinte, non?»

Très enceinte, en effet. Le 6 décembre 2006, elle donnait naissance à Dexter et Frank; Quiet Nights est justement une lettre d'amour à son mari et ses deux jumeaux de fils.

«Ils vont très bien, je me meurs d'avoir de leurs nouvelles, dit-elle spontanément. Je n'ai pas arrêté de la journée; la dernière fois qu'on s'est parlé, ils étaient au parc. Ils sont tellement drôles, ce sont de beaux petits garçons.»

Diana Krall est évidemment parmi les invités de l'excellente émission Spectacle: Elvis Costello with... - dont nous parlerons demain dans La Presse. Pour l'occasion, son animateur de mari cède sa place au producteur de la série, nul autre que Sir Elton John, qui lui pose des questions et fait de la musique avec la superstar canadienne.

«Elton est l'un de mes meilleurs amis et j'ai pu chanter Sorry Seems To Be the hardest Word avec lui, mentionne-t-elle. J'en ai pleuré, c'était comme un rêve. Mes rêves ne sont pas encore tous réalisés, donc je ne suis pas prête à tout arrêter. Mais j'ai été pas mal chanceuse dans la vie.

- L'animateur habituel de l'émission s'est-il désisté parce qu'il connaissait déjà toutes les réponses aux questions qu'il vous aurait posées?

- Non, mais nous aurions ricané tout le temps...»

Le goût du Brésil

Sur le site web du Channel 4 britannique, où l'émission d'Elvis Costello a déjà été diffusée, il est écrit qu'Elton John et Diana Krall y discutent notamment de l'accueil glacial que les puristes du jazz ont réservé aux albums «trop polis» (slickly-produced) de la dame. Au bout du fil, Diana Krall est agacée. Elle me fait répéter ladite citation, puis elle s'anime.

«Je ne sais pas qui écrit cela pour ces émissions de télé, mais ça ne reflète pas du tout le contenu de l'interview, lance-t-elle. On parle de toutes sortes de choses, il faut que vous voyiez l'émission. Elton fait probablement allusion à certains commentaires pas très gentils à propos de mon album The Look of Love, mais cette histoire d'album trop poli, ce n'est pas juste...»

Comme Quiet Nights est tout à fait dans l'esprit de The Look of Love, l'album qui l'a propulsée au- delà des frontières du jazz en 2001, avec ses ballades et ses chansons sur des rythmes de bossa nova, craint-elle d'être la cible de critiques semblables?

«Tantôt, quelqu'un me demandait justement ce que ça me fait quand on dit que je ne prends pas de risque, répond-elle. Ça ne me dérange pas, de toute façon, le public a toutes sortes d'attentes différentes. Plusieurs personnes viennent me voir pour entendre The Girl in the Other Room ou du Nat King Cole; quelqu'un m'a même montré une critique où on disait "ramenez-nous la vieille Diana Krall qui chantait Love Scenes"! Mon nouvel album a une thématique brésilienne, c'est ce que j'avais envie de jouer. Mais tous mes albums font référence à la musique brésilienne ou à l'influence brésilienne d'une façon ou d'une autre, surtout The Look of Love. Je donne des interviews depuis une semaine et les réactions sont pour la plupart positives, mais on a aussi dit que c'était un album très lent et très tranquille. Évidemment que ça l'est, surtout si on le compare à un disque de Kelly Clarkson!»

En pleine forme

Quiet Nights est un disque chatoyant, langoureux, sexy même où la chanteuse et pianiste est en parfait contrôle. Un album tout en nuances où, comme l'a dit son coréalisateur et collaborateur de longue date Tommy LiPuma, Diana Krall se sert plus que jamais de sa voix comme d'un instrument de musique.

Elle y renoue avec Claus Ogerman, le maître arrangeur de The Look of Love qui a déjà travaillé avec Antonio Carlos Jobim aussi bien qu'avec Frank Sinatra, Stan Getz, Bill Evans et George Benson. À 78 ans bien sonnés, Ogerman a accepté de sortir de sa retraite pour refaire équipe avec l'artiste canadienne. «Je suis allée au Brésil en 2007 et je suis revenue le jour du premier anniversaire de mes enfants, explique Diana Krall. Tout de suite après, j'ai commencé à penser à un autre album avec Claus Ogerman. Nous avons travaillé à des chansons et c'est devenu Quiet Nights. Il n'y avait que quelques chansons brésiliennes parmi les 35 que j'avais choisies, mais pendant l'été, j'ai entendu Joao Gilberto et je suis partie en tournée. Trois jours après mon retour, j'ai enregistré mon album. Ce fut un album un peu plus facile à faire que les autres parce que j'ai travaillé à cette musique pendant une bonne demi-année avant de l'enregistrer. Quand je suis arrivée en studio, j'étais dans une forme resplendissante, comme chanteuse et comme pianiste, j'avais donné des concerts tout l'été durant et j'étais prête. Après l'enregistrement, je suis retournée au Brésil l'automne dernier pour y filmer un DVD. Donc tout s'est fait d'août à novembre 2008.»

Le DVD en question, Live in Rio, sera en magasin à la fin mai. Diana Krall y joue évidemment quelques chansons de Quiet Nights, mais elle revisite également toutes les périodes de sa carrière. «On n'allait pas voir Frank Sinatra seulement pour entendre des chansons de son album Only the Lonely, dit-elle. Je suis comme ça, moi aussi, j'ai le goût de chanter des chansons que je n'ai jamais enregistrées en concert comme Frim Fram Sauce. Le public brésilien y est pour beaucoup; ça se passe dans une boîte très intimiste un peu comme le Cabaret Juste pour rire où j'ai eu le privilège de faire mon hommage à Nat King Cole (en 1995). Ce fut l'un des chapitres les plus importants de ma carrière et l'un des plus beaux moments de ma vie tout court.»

À quelques reprises pendant notre conversation, Diana Krall se répand en éloges sur Montréal et son Festival de jazz, où on ne l'a pas applaudie depuis cinq ans. Elle se souvient d'avoir chanté avec son idole et ami Tony Bennett en 1997, puis d'avoir fait sa première Wilfrid-Pelletier l'année suivante. Elle n'a pas non plus oublié le concert d'ouverture du Festival de jazz en 2004 au Centre Bell auquel participait Costello, pas plus qu'un autre concert au même endroit en 2002 où son batteur George Fludas, indisposé, lui a faussé compagnie après une demi-douzaine de chansons. La pianiste a retroussé ses manches, a modifié son programme et a improvisé de plus belle jusqu'à la fin de cette soirée mémorable.

Pour ses deux concerts avec orchestre à Wilfrid-Pelletier, les 6 et 7 mai prochains, Diana Krall promet un programme différent de son concert à Rio. «Vous allez entendre plus de choses orchestrales de The Look of Love et de When I Look In Your Eyes (1999) et peut-être une chanson de Joni Mitchell. Je ne jouerai pas uniquement des chansons de Quiet Nights, mais je ferai certainement Where or When, que j'adore chanter et qui est parfaite pour lancer le concert.»

Qu'on se le tienne pour dit, Diana Krall n'écourte pas ses tournées maintenant qu'elle est maman. «Non, je suis occupée jusqu'en décembre, dit-elle. Après le Canada, en avril et en mai, j'irai aux États-Unis, puis en Europe et je finirai à Saint-Pétersbourg. En ces temps difficiles où tout change - les journaux, l'industrie de la musique... - où un disque coûte moins cher qu'un sandwich au café du coin, je suis choyée de pouvoir donner des spectacles et que les gens viennent me voir. À Montréal, ça va être un gros love-in (rires). J'ai hâte.»




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