C'est «la» pièce familiale de Montréal complètement cirque, mais aussi «le» spectacle de clown du festival. Jamie Adkins, qui s'est fait connaître ici grâce à son solo Circus Incognitus, nous revient avec un nouveau spectacle, qu'il a conçu avec la joueuse de tuba Julie Houle.

Mis à jour le 4 juill. 2018
JEAN SIAG LA PRESSE

Oui, c'est vrai, les clowns ne font pas l'unanimité. Mais Jamie Adkins a eu de la chance. Depuis ses débuts, son humour fait mouche. Ce clown-acrobate californien, qui vit sous le soleil d'Aylmer, dans l'Outaouais, depuis 20 ans, s'est fait connaître ici avec Éloize et le Cirque du Soleil. Au milieu des années 2000, il a commencé à produire ses propres spectacles.

Circus Incognitus, qu'il a trimballé dans plus d'une vingtaine de pays pendant 10 ans, a triomphé, car l'artiste polyvalent se distingue entre autres par ses brillantes interactions avec le public. À Montréal, il l'a présenté au moins trois fois et a triomphé à chaque série. Mais après tout ce temps à tourner seul dans le monde, Jamie Adkins a eu envie d'un peu de compagnie...

«Quand on est clown, on n'est jamais vraiment seul, dans le sens où on est en relation constante avec le public, nous dit le clown-acrobate. Mais après avoir joué seul ce spectacle pendant 10 ans, j'avais besoin de me retrouver sur scène avec quelqu'un d'autre, j'avais envie de créer autre chose.»

Jamie Adkins a eu l'idée de partager la scène avec un musicien. «Je trouvais qu'il y avait quelque chose de ridicule et d'absurde de me retrouver avec un seul musicien, avec un énorme instrument, dit-il. Donc, j'ai fait passer des auditions à des joueurs de tuba l'été dernier. Et là, je suis tombé sous le charme de Julie Houle. Elle a joué La petite fleur et elle improvisait parfaitement avec ce que je faisais, physiquement. Je me suis rendu compte qu'elle avait aussi l'esprit d'un clown.»

C'est ainsi que les deux artistes ont fait équipe pour créer Espièglerie, une pièce écrite par Jamie Adkins qui fait le constat de son vieillissement.

«C'est drôle, parce qu'à mesure que je vieillis, je fais les choses tellement mieux, nous dit l'artiste de cirque âgé de 47 ans. En plus, j'ai une sagesse que je n'avais pas du tout avant, poursuit-il en rigolant. Mais en même temps, physiquement, il y a beaucoup de choses que je n'arrive plus à faire, donc ça nous force à nous réajuster constamment. C'est un processus que je trouve à la fois rigolo et fascinant. Espièglerie parle de ce paradoxe et du cheminement d'un artiste de cirque vieillissant.»

Jongler avec six balles

Malgré son âge vénérable - pour un artiste de cirque! -, Jamie Adkins repousse constamment les limites de ce qu'il peut faire. «Je vais jongler avec six balles, ce que je n'ai jamais fait avant, illustre-t-il. C'est aussi ça que je veux dire dans ce show: j'apprends toujours, nous dit l'acrobate funambule. J'ai même un nouveau numéro où je fais un saut dans une paire de bobettes...» On n'arrête pas le progrès.

Espièglerie fait aussi allusion aux tours que se jouent le clown et la musicienne, nous dit encore Jamie Adkins. Quant à ses interactions avec le public, elles seront tout aussi importantes.

La pièce, qui sera baptisée A Fool's Errand en anglais, sera présentée à Québec et à Gatineau, avant de prendre le chemin des États-Unis.

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Espièglerie sera présentée au festival Montréal complètement cirque du 6 au 15 juillet à la TOHU.