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Ginger Baker: grand batteur, petit parleur

Ginger Baker est reconnu comme un batteur d'exception... (PHOTO SASA HUZJAK, FOURNIE PAR LE FIJM)

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Ginger Baker est reconnu comme un batteur d'exception qui peut marquer de sa signature des pièces que tout le monde a jouées avant lui.

PHOTO SASA HUZJAK, FOURNIE PAR LE FIJM

Ginger Baker traîne avec lui une réputation de vieux malcommode. Parlez-en au journaliste et cinéaste Jay Bulger, à qui Baker a asséné un coup de canne sur le nez le dernier jour du tournage de son excellent documentaire, le bien nommé Beware of Mr. Baker.

D'autres qui connaissent le batteur de légende depuis longtemps vous diront que c'est faux: Ginger Baker n'est pas un «vieux» malcommode, il l'a toujours été! Jack Bruce pourrait en témoigner, lui qui a eu des bagarres épiques avec le batteur rouquin qui l'a même menacé avec un couteau.

Au téléphone, l'homme de 74 ans n'est pas malpoli et il rit fréquemment de ses réponses, qui se limitent la plupart du temps à deux ou trois mots. S'il est question de son jeu ou de la complicité nécessaire entre un batteur et un bassiste, il répond systématiquement qu'il vaut mieux ne pas analyser ce genre de choses.

Ginger Baker est devenu célèbre avec le supergroupe rock Cream, aux côtés d'Eric Clapton et Jack Bruce, mais il est retourné depuis longtemps au jazz, sa première passion. Dès que le mot rock est prononcé, le ton monte: «Je n'ai jamais été un batteur de rock! Je ne sais pas d'où les gens tiennent cette idée. Cream n'était pas un groupe de rock'n'roll, ni Blind Faith, ni l'Air Force.»

Est-il conscient que ses longs solos de drum avec Cream ont poussé d'innombrables batteurs de rock à l'imiter, avec des résultats pas toujours concluants? «Je ne sais pas... Tous les groupes avec lesquels j'ai joué voulaient un solo de drum

Des retrouvailles de Cream à Londres, puis à New York en 2005, qui lui ont permis de faire des économies qu'il a aussitôt englouties dans l'achat de chevaux en Afrique du Sud, il dira: «C'était bien, au Albert Hall, mais au Madison Square Garden, ce n'était pas tellement bien.

- Pourquoi?

- Oh... Jack a foutu la merde.

- Qu'a-t-il fait au juste?

- Si vous n'avez pas vu le concert du lundi, je ne peux pas l'expliquer. Eric et moi savons ce qui s'est passé et on en a assez parlé, all right

Par contre, il n'a que de bons mots pour la courte aventure de Blind Faith: «J'ai vraiment aimé travailler avec Stevie (Winwood). C'est un bon musicien, un jazzer.»

Le tour du jardin

Si l'homme ne fait pas l'unanimité, le batteur en lui est reconnu comme un musicien d'exception qui peut marquer de sa signature des pièces que tout le monde a jouées avant lui et qui a saisi mieux que n'importe quel musicien occidental l'essence des rythmes africains. Dès le début des années 70, Baker a frayé avec le mythique Fela Kuti au Nigeria, où il s'est fait construire un studio d'enregistrement. «J'avais fait la connaissance de Fela en 1960, en Angleterre», rappelle-t-il.

N'empêche, c'est au jazz que se consacre depuis des décennies Ginger Baker, qui s'amène à Montréal avec son groupe Jazz Confusion. Il jouait depuis quelques années déjà avec le percussionniste Abas Dodoo quand un technicien de tournée lui a recommandé Alec Dankworth - le meilleur bassiste avec lequel il ait joué, affirme Baker, qui a quand même côtoyé Charlie Haden en plus de Jack Bruce -, et le saxophoniste Pee Wee Ellis, qui a accompagné James Brown et Van Morrison.

Comment se compare ce Ginger Baker Jazz Confusion au DJQ2O (Denver Jazz Quintet-to-Octet) des années 90 que Baker a déjà qualifié de meilleur groupe de jazz avec lequel il a joué? «C'est tout aussi agréable», répond-il succinctement.

Les quatre hommes viennent justement de lancer Why?, le premier album de Baker depuis des lustres dans lequel il fait le tour de son jardin, reprenant aussi bien une pièce qu'il jouait avec Haden et Bill Frisell dans les années 90 que Aiko Biaye, une composition africaine qu'il s'appropriait avec l'Air Force en 1970. «Oui, mais on les joue très différemment», précise-t-il.

On s'étonne tout de même de revoir à Montréal, sans doute pour la première fois depuis le concert de Cream au Centre Paul-Sauvé en 1968, cet homme miné depuis des années par l'arthrite et les problèmes respiratoires. La douleur est constante, dit-il, mais rien n'y paraît quand il joue: «Ça fait mal quand j'arrête.»

Ginger Baker Jazz Confusion, au Théâtre Maisonneuve, ce soir à 20h.




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