Après avoir offert une prestation époustouflante en salle l'an dernier au Festival de jazz de Montréal, Brian Setzer et son «Big Orchestra» entendent bien remettre cela ce soir, 21h30, cette fois dehors, sur la vaste place des Festivals. Le guitariste et chanteur a donné une conférence de presse vraiment «classe» à ce sujet cet après-midi. Ce soir, entre 100 000 et 200 000 spectateurs (c'est la météo qui décidera!) devraient swinguer très sérieusement! Sans compter que le spectacle sera diffusé en direct sur MontrealJazzFest.TV, une première dans l'histoire du FIJM. On nous promet aussi des surprises...

Marie-Christine Blais LA PRESSE

«Enfin, une conférence de presse où il a été question de musique», s'est exclamé un confrère après 20 minutes bien remplies cet après-midi en compagnie de Brian Setzer et André Ménard, cofondateur et directeur artistique du Festival international de jazz de Montréal. C'est très juste. Mais avant d'aborder tout ce dont il a été question, précisons d'abord quelques détails techniques concernant le grand événement extérieur: ce soir, sur le site du Festival, ce n'est pas deux, mais bien cinq écrans géants qui relaieront le spectacle, dont un sur Sainte-Catherine même (en plus des mini-écrans installés dans les principaux lieux de restauration du Festival); si on préfère regarder le spectacle sur ordinateur, il faut d'abord télécharger le plugiciel «Silverlight», en allant faire un tour sur le site MontrealJazzFest.TV; enfin, les spectateurs sont invités à emprunter les transports en commun, à entrer sur la place des festivals par l'angle Jeanne-Mance et Sainte-Catherine et à laisser chaises pliantes à la maison (elles sont interdites). On peut toutefois mettre ses «chaussures de danse» car ça devrait swinguer: le titre du spectacle, c'est tout de même We Will Rock This City!

Revenons maintenant à la conférence de presse, où il a été question notamment du premier show que Setzer a donné à Montréal avec son big band en 1994 (ce soir sera son cinquième passage à Montréal): ce spectacle devait avoir lieu dehors, mais s'est finalement fait au Spectrum parce que la police craignait des incidents (au grand dam de Ménard, encore aujourd'hui!): «Nous avions quelque chose à prouver, a dit Setzer, puisque cela n'avait jamais été fait auparavant, marier rockabilly et big band. Le big band a décliné quand le rock est né, ils ne s'étaient jamais rencontrés jusqu'alors.» Rappelons qu'en 1995, c'est à l'occasion d'un spectacle ici que Setzer a enregistré son premier album avec son orchestre, toujours au regretté Spectrum, album qui a mis le feu aux poudres.

Setzer a également parlé de la manière dont il organise et arrange la musique pour son big band de 18 musiciens: «Tout part de la guitare, et je ne change pas de style de jeu, que je joue seul, en trio ou avec l'orchestre - j'ai une formation musicale et le premier morceau que j'ai orchestré, c'était un morceau d'Eddie James.» Comment aborde-t-il le fait de jouer à l'extérieur, devant une foule qui devrait être immense: «Il faut faire de plus grands gestes, être plus expressif pour qu'on vous voit jusque dans le fond. Mais surtout, j'essaie de me perdre dans la musique. Et de ne pas surjouer les chansons: il y a des micros pour cela, il faut juste jouer comme d'habitude. Je sais qu'il y aura des surprises, mais je ne les révélerai pas, c'est ce qui fait qu'un show est un show

«Pour moi, toute la musique part du blues, que ce soit le rock, le jazz, le country, le rock», a-t-il répondu à André Ménard qui lui demandait s'il avait l'intention de redonner vie à d'autres styles musicaux, après avoir fait revivre le rockabilly dans les années 80 avec son groupe The Stray Cats et cristallisé le renouveau d'intérêt pour le swing dans les années 90 avec son «Big Orchestra». «Je ne pense pas à faire revivre une musique, juste à en faire.»

Oui, Eddie Cochran est toujours pour lui sa plus grande source d'inspiration: c'est en voyant son look, puis en entendant sa musique que Setzer s'est mis au rockabilly avec ses copains «les Chats errants». Oui, il a appris la guitare à 8 ans, grâce à ses parents qui, peu argentés, avait choisi un professeur dans les pages jaunes «et qui a fait pour moi des choses qu'on ne ferait pas aujourd'hui, comme venir m'attendre à mes parties de baseball».

Enfin, oui, le Brian Setzer Orchestra sort un album live, fin juillet, intitulé Don't Mess With A Big Band : «C'est un spectacle enregistré au Japon. Les temps ont changé, et pour éviter que cela se termine en bootleg (enregistrement pirate), nous avons préféré enregistrer nous-mêmes, en nous assurant que la qualité sonore soit bonne».

Cela fait 30 ans qu'il fait de la musique et nous surprend Ce soir, Setzer devrait encore faire de même, à compter de 21h30. Cette ville va rocker avec Brian.