Je cuisine comme un chaudron. Je gaspille des aliments – bonjour sac de pousses d’épinards moisies au fond du tiroir à légumes. Je jette les choux gras, Jean-Luc Boulay frôlerait la syncope, je paie le salaire du rappeur Loud en Uber Eats et mon four n’a jamais été super taché ou ultracollant. Yeah pour moi !

Publié le 17 mai

Par contre, déposez devant moi une compétition de gâteaux sur Netflix (Nailed It !) ou une téléréalité comme Les chefs ! et je dévore tout jusqu’à en lécher le fond de l’assiette tel un Ostrogoth. Pour paraphraser Jean-Jacques Goldman, je cuisine par procuration devant mon poste de télévision, même si je ne mets pas de vieux pain sur mon balcon, quand même.

Je raffole des émissions de bouffe, apprêtées de toutes les façons : compétition, fiction ou marathon. La dernière au menu ? La minisérie d’époque Julia de HBO que propose la plateforme Crave, en français et en anglais. C’est absolument charmant et craquant. C’est de la télé-bouffe réconfort comme on l’aime : chaleureuse, généreuse et zéro prétentieuse.

Avec quelques touches de Mad Men, Julia s’intéresse aux débuts télévisuels de la plus européenne des cheffes américaines, Julia Child, jouée par l’excellente actrice britannique Sarah Lancashire, meilleure que Meryl Streep dans le film Julie & Julia, sorti en 2009.

Le premier des huit épisodes de Julia débute en 1962, à Cambridge, en banlieue de Boston. Femme d’un diplomate qui a été déployé partout en Europe, la bonne vivante Julia Child a publié son premier livre de recettes Maîtriser l’art de la cuisine française, un classique pour les cuisinomanes.

La célébrité relative de Julia Child à Boston pique l’intérêt de la jeune et allumée productrice d’une émission littéraire snobinarde de la chaîne publique locale, que personne ne regarde.

Julia Child se méfie. De quoi causera-t-elle avec l’animateur qui reçoit habituellement des auteurs obscurs qui fument la pipe ?

À la dernière minute, Julia fourre des œufs, du beurre et un fouet dans son sac. Sur le plateau, elle demande une poêle électrique et prépare, en direct, une onctueuse omelette devant l’équipe médusée. La joviale Julia Child rayonne devant les caméras. Elle est drôle, pleine d’esprit et naturelle, ce qui détonne dans cet environnement rigide et austère.

Malgré les lettres de téléspectatrices qui réclament son retour, les patrons de la station méprisent Julia Child. À 6 pi 2 po, elle est trop grande pour faire de la télé. À 50 ans, elle est trop vieille pour faire de la télé. Elle rit trop fort, parle avec une voix trop haut perchée et ne maîtrise aucunement les codes de ce nouveau médium.

Et aussi, Julia est une femme qui fait des affaires de « bonne femme » à la télé, ce qui n’intéresse aucunement ses supérieurs, tous des hommes dont la femme s’acquitte des repas, il va sans dire.

Rusée et tenace, Julia Child ne rangera pas ses poêlons aussi facilement. Un refus, deux rebuffades, Julia s’accroche, finance elle-même son pilote qui s’appelle The French Chef et décroche un premier contrat très chiche, qui la force à payer (de sa poche) les techniciens.

Avec deux de ses amies et son mari bougonneux, la pionnière Julia Child concocte elle-même la recette originale qui servira de canevas à une kyrielle d’autres émissions culinaires dans les 60 années qui suivront.

Non seulement Julia Child popote divinement bien, mais elle enseigne aussi avec clarté comment réussir un coq au vin ou un bon bœuf bourguignon. Jamais elle n’essaie d’impressionner les téléspectateurs avec des techniques hyper compliquées. Julia mise sur la simplicité et s’assure que les ingrédients qu’elle emploie se trouvent dans un supermarché.

Non, mais quelle femme formidable, flamboyante et attachante. Gros coup de cœur pour Julia Child, qui a vite compris une règle d’or en télé : il faut s’intéresser au public, le respecter et l’écouter. Avec ça, impossible que le soufflé ne lève pas.

Elisabeth Crête remplacera Paul Houde

Relève de la garde sur les ondes du 98,5 FM. C’est l’animatrice Elisabeth Crête qui remplacera Paul Houde l’automne prochain dans le créneau du week-end.

PHOTO TIRÉE DU SITE DU 98,5 FM

Elisabeth Crête

Vous pouvez actuellement entendre Elisabeth Crête dans l’émission Puisqu’il faut se lever de Paul Arcand, où elle tient la chronique des réseaux sociaux. Il n’a pas été possible de lui parler lundi. Elisabeth Crête, qui a longtemps travaillé au FM 93 de Québec, est la fille du commentateur sportif Alain Crête, fidèle complice de Paul Arcand depuis plusieurs années.

Paul Houde, 67 ans, est au micro des samedis et dimanches matin du 98,5 FM depuis septembre 2019. Il éteindra son micro le dimanche 19 juin. La station appartenant à Cogeco a décidé de ne pas renouveler son contrat.