L’artiste autochtone Meryl McMaster présente actuellement l’exposition qui marque la fin de sa résidence au musée McCord. Il fut un chant s’intéresse à la relation que l’être humain entretient avec la nature, en particulier son désir de la contrôler, à travers la figure de l’oiseau, qu’on aime tant voir voler librement.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

L’exposition s’articule autour de quatre œuvres qui, ensemble, composent une installation poétique où il est question de l’envie qu’a l’être humain de cartographier son environnement, de le documenter, d’en posséder la beauté, d’encapsuler le vivant. Comme s’il était possible d’arrêter le cours du temps.

Ce désir est montré de manière nette dans une vitrine où sont présentés deux cloches de verre et un pare-étincelles faits d’oiseaux empaillés. Le processus de naturalisation est censé en conserver l’éclat et les couleurs, mais c’est peine perdue : le temps les altère quand même. Et puis, est-ce qu’un oiseau privé de son chant, cloué au sol, demeure un oiseau ou devient-il un simple objet ?

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

L’artiste autochtone Meryl McMaster a tiré des cloches de verre et un pare-étincelles fait d’oiseaux empaillés de la collection du musée McCord pour créer une nouvelle œuvre où elle s’interroge sur cette drôle de façon qu’a l’être humain de vouloir montrer la beauté de la nature tout en lui retirant toute vie.

La réflexion de l’artiste s’élargit avec les œuvres suivantes, dont l’une montre un oiseau mort au centre d’un écran circulaire où est projeté le vol d’autres oiseaux. La dernière est un autoportrait de l’artiste, l’air épuisé, appuyée sur une pile de feuilles desquelles sortent des tiges et des feuilles – un immense herbier.

Meryl McMaster réfléchit à travers ces œuvres à la relation destructrice qu’on entretient trop souvent avec la nature. En filigrane, c’est aussi le refus du cours naturel des choses qui est évoqué, la négation de cette inévitable marche vers la mort qui est le lot des vivants.

L’exposition Il fut un chant est présentée jusqu’au 15 août 2021 au musée McCord.