Réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte, jeu interactif, moments intimes avec Vincent Vallières, FouKi, Daniel Bélanger, Dominique Fils-Aimé et Alexandra Stréliski. Le nouveau programme immersif de Phi, Trois mouvements, proposé jusqu’au 5 septembre, est de grande qualité, offrant deux heures d’évasion et d’émerveillement.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Trois mouvements est le meilleur programme multidimensionnel de Phi depuis cinq ans. Ça tombe bien, on a pas mal besoin de s’évader ces jours-ci ! Il comprend des œuvres expérimentales, musicales, scientifiques, ludiques, drôles et émouvantes. Le plus souvent en français ou sans dialogues. Un cocktail décapant de près de deux heures.

Breathe

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Expérimentation du film de réalité mixte Breathe

La première œuvre est d’actualité. Elle parle de l’air qu’on respire. Breathe (12 min) a été réalisée à Montréal en 2019 (lors d’une résidence au Studio Phi) par Diego Galafassi, producteur de films brésilien établi à Stockholm. Une œuvre de réalité mixte, donc à la fois réalité augmentée et réalité virtuelle.

Pour la découvrir, on vous munit d’un casque et de capteurs biométriques qui analysent votre respiration et vos mouvements pendant que vous déambulez… au cœur de l’air que vous venez d’expirer. Une narration raconte l’histoire de ce mélange gazeux (diazote, dioxygène, argon, etc.) qu’on inspire et partage avec les autres êtres vivants de la planète… d’où, évidemment, les défis sanitaires auxquels on fait face actuellement.

Composition

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

L’œuvre Composition et un de ses créateurs, Vincent Morisset

Présentée en première mondiale, cette œuvre québécoise de Vincent Morisset, de Caroline Robert et d’Édouard Lanctôt-Benoit (réalisée également lors d’une résidence à Phi) plaira à l’enfant qui sommeille en vous ! L’installation ressemble au jeu d’adresse Mississippi. On y joue avec de petits cubes qu’on déplace, pendant six minutes, comme on le souhaite sur la table. Avec la musique de Vlooper dans les oreilles, on les juxtapose, on les lance, et la lumière et l’intelligence artificielle font le reste. Les joueurs créent ainsi en temps réel une sculpture lumineuse dont la forme dépend de leurs manipulations.

Acqua Alta – La traversée du miroir

PHOTO FOURNIE PAR PHI

Expérimentation d’Acqua Alta – La traversée du miroir

Dernière œuvre de réalité augmentée du duo français Adrien M et Claire B, de retour à Phi. On tourne une à une, les 10 doubles pages d’un livre. Des dessins se déplient. Avec une tablette, on voit apparaître deux personnages qui racontent, page après page, une histoire. Une animation théâtrale bien faite, entre danse et bande dessinée.

Le livre de la distance

Quelques scènes du film <em>Le livre de la distance</em>

  • Scène du Livre de la distance

    PHOTO RANDALL OKITA, FOURNIE PAR PHI

    Scène du Livre de la distance

  • Scène du Livre de la distance

    PHOTO RANDALL OKITA, FOURNIE PAR PHI

    Scène du Livre de la distance

  • Scène du Livre de la distance

    PHOTO RANDALL OKITA, FOURNIE PAR PHI

    Scène du Livre de la distance

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Gagnant du prix Horizon au Festival du nouveau cinéma de Montréal, ce film de Randall Okita, réalisateur canadien d’origine japonaise, est bouleversant et bien construit. Il raconte, pendant 25 minutes, l’histoire de son grand-père, Yonezo Okita, qui a quitté Hiroshima en 1935 pour s’établir en Colombie-Britannique. Mais la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle le Japon est devenu un « ennemi » du Canada, a bouleversé ses plans. Arrêté avec sa famille, il a été emprisonné dans un camp de travail et privé de tous ses droits.

On connaissait l’histoire de ces nombreux Canadiens d’origine japonaise humiliés durant les années 1940, mais le fait qu’elle soit incarnée de façon si détaillée nous la rend palpable. On sort du film avec un fort sentiment de honte et de gêne. Le livre de la distance est interactif. Le visiteur intervient dans le récit, découvre des archives et les consulte à l’aide de deux manettes de réalité virtuelle.

Space Explorers : The ISS Experience – Adapt

PHOTO FELIX & PAUL STUDIOS, FOURNIE PAR PHI

Astronautes dans la Station spatiale internationale

Adapt est le premier épisode de Space Explorers : The ISS Experience. Un film de réalité virtuelle fascinant de Felix & Paul Studios, sur la vie à bord de la Station spatiale internationale, qui donne l’impression de faire partie de l’équipe d’astronautes. La Presse avait fait part en octobre de ce projet de l’entreprise montréalaise. Une immersion en apesanteur à 408 km de la Terre. Bon séjour !

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ASTERIA

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE FOUKI

Le film inédit avec la chanson Ananas Mango de FouKi est excellent en réalité virtuelle.

Le programme se termine par un feu d’artifice de huit œuvres québécoises réalisées l’an dernier, en pleine pandémie, par Marcella Grimaux. Des vidéoclips en réalité virtuelle qui émerveillent pendant 47 minutes. La musique planante d’Alexandra Strélisky dans un décor de « Maison symphonique » transformée en caisse de résonance futuriste. La magie de FouKi dans un univers tropical magnifiquement dessiné par Chien Champion. La poésie de Daniel Bélanger croisée aux marionnettes de Colin St-Cyr Duhamel. Deux chansons douces, sensuelles et envoûtantes de Dominique Fils-Aimé. Et, en finale, 13 minutes de musique et d’intimité avec Vincent Vallières, assis à côté de vous et qui vous parle avant de chanter Entre les étoiles et toi et Tout n’est pas pour toujours ! Du pur bonheur…

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