Phi propose dès cette semaine une seconde programmation de son service de réalité virtuelle à domicile, VR TO GO, avec cinq courts métrages pour entreprendre l’année. Des films regroupés autour de l’imaginaire, du merveilleux et de l’émotion. Avec des zombies, des plantes hallucinogènes, des chevaux dressés, une femme en peine et des punkettes des années 1970.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Le service VR TO GO permet de louer un casque Oculus de réalité virtuelle (RV), livré chez vous pour découvrir des films de RV qui ont été remarqués sur la scène internationale. Les cinq films de la nouvelle programmation représentent un total de 110 minutes de visionnement. Deux films sont sans dialogues, un est en français, un est en anglais et un dernier est accessible dans les deux langues.

BattleScar, États-Unis et France (2018-2020)

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Image tirée du film de réalité virtuelle BattleScar

BattleScar avait remporté le grand prix Innovation au Festival du nouveau cinéma de Montréal en 2018, et c’était mérité. Voilà un film de réalité virtuelle en trois parties, très bien fait, qui nous replonge dans l’ambiance punk de la fin des années 1970 à New York. Lupe, une ado d’origine portoricaine, rencontre Debbie, qui lui fait découvrir l’univers punk. Elles décident de créer un groupe de musique, mais se heurtent à la réalité glauque du Lower East Side de l’époque. Le film respecte justement l’ambiance, la musique et même le langage de cette période charnière de la vie culturelle new-yorkaise. Les décors du film sont réussis et le graphisme de bande dessinée, très réaliste. Vraiment bon.

Créé par Nico Casavecchia et Martin Allais, produit par Atlas V, 1stAveMachine et Fauns, en collaboration avec ARTE France et Kaleidoscope. Trois épisodes de 10 minutes, en anglais.

Gloomy Eyes, France, Argentine et États-Unis (2020)

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Image tirée du film Gloomy Eyes

Très belle réalisation. Le film nous plonge dans un monde où le Soleil a décidé de ne plus réchauffer la planète afin de protester contre les agissements de l’humanité ! Plongée dans les ténèbres, la Terre est envahie par des zombies. La jeune Nina tombe amoureuse du zombie Gloomy. Tous deux doivent sauver leur idylle menacée par l’oncle de la jeune fille, un prêtre diabolique. Une histoire bien construite et bien rendue visuellement. Il vaut mieux avoir une chaise pivotante pour voir Gloomy Eyes, car les réalisateurs vous amènent à suivre le fil de l’histoire en tournant constamment la tête. L’expérience est donc très immersive. Ce film a fait partie de la sélection officielle du festival du film de Tribeca, en 2019.

Écrit et réalisé par Fernando Maldonado et Jorge Tereso, coécrit par Santiago Amigorena, produit par 3DAR et ATLAS V, avec la musique de AHRE Studio. Trois épisodes (33 minutes), en français et en anglais.

Ayahuasca, France et Luxembourg (2019)

Extrait d’Ayahuasca, de Jan Kounen

L’ayahuasca est une préparation de plantes ingurgitée par les autochtones amazoniens pour ses capacités curatives. Permettant d’entrer en transe, elle fait partie du patrimoine culturel du Pérou, mais son utilisation et ses effets ont entraîné plusieurs controverses ces dernières années. Dans ce film de Jan Kounen présenté à Phi en 2019, on vit l’expérience hallucinatoire d’un guérisseur de la nation Shipibo. Avec les bruits de la jungle, les chants lancinants du chaman et des visions immersives et kaléidoscopiques de serpents et de structures architecturales faites de crânes et de squelettes ! Un court métrage envoûtant et très immersif qui évoque les images que l’esprit construit sous l’effet d’une drogue hallucinogène. Le film a remporté un premier prix au Festival international du film de Genève, en 2019.

Réalisé par Jan Kounen, produit par Atlas V, a_BAHN et Small. 20 minutes, sans dialogues.

Vestige, Royaume-Uni, France et États-Unis (2018)

Extrait de Vestige, de Aaron Bradbury, Atlas

Meilleure œuvre immersive au Festival international du film de Genève en 2018, Vestige est un film délicat sur le deuil. Lisa (dont la voix est celle de l’actrice Marion Cotillard) évoque la disparition de son amoureux, Érick, avec qui elle a vécu six ans. Le film, très sensoriel, est un voyage au cœur de la mémoire de Lisa, qui se remémore des moments passés avec Érick, notamment la demande en mariage du jeune homme ou leurs soirées à New York. Le film est en fait un documentaire sur le drame qui a coûté la vie au mari de Lisa Elin, rencontrée par le réalisateur et dont on entend leurs conversations au téléphone. Le visuel coloré utilisant une capture volumétrique crée des images spectaculaires et émouvantes.

Réalisé par Aaron Bradbury, Atlas, produit par Paul Mowbray, Antoine Cayrol et Jill Klekas Basmajian. 13 minutes, en français.

Ex Anima, France (2019)

Extrait d’Ex Anima, de Bartabas et Pierre Zandrowicz

Présenté en première mondiale à la Biennale de Venise en 2019, Ex Anima montre des chevaux dressés dans un contexte que l’on pense, au début, naturel. Le film a été réalisé notamment par Bartabas (Clément Marty), écuyer et metteur en scène qui a fondé, en France, le Théâtre équestre Zingaro dans les années 1980. On assiste avec Ex Anima à des mises en scène de chevaux qui tournent en rond, hochent la tête ou mettent leurs deux pattes avant sur des tabourets tout en portant de longs masques blancs sur la tête. Des scénographies qui ne sont pas très spectaculaires et qui risquent de déranger les amoureux des chevaux qui les préfèrent galopant dans la nature plutôt qu’utilisés dans des spectacles…

Réalisé par Bartabas et Pierre Zandrowicz, produit par Antoine Cayrol et le Théâtre équestre Zingaro, Arte France, Atlas V et MK2 Films. 13 minutes, sans dialogues.

À noter que la programmation précédente (qui nous emmenait entre autres sur l’Everest, dans l’espace et en Chine) est toujours accessible, l’amateur de RV ayant le choix entre les deux programmations.

Info : https://vr-to-go.phi.ca/mtl/fr