(Paris) Avant le cambriolage lundi dans un musée de Dresde en Allemagne, où ont disparu trois parures de diamants du XVIIIe siècle d’une valeur « inestimable », voici les principaux vols d’œuvres d’art et d’objets précieux survenus dans des musées.

Agence France-Presse

La Joconde au Louvre

Le 21 août 1911, la célèbre Joconde de Léonard de Vinci est volée dans le Musée du Louvre à Paris. On soupçonne un temps le poète Guillaume Apollinaire et le peintre Pablo Picasso. Le voleur est en réalité un vitrier italien qui a participé aux travaux de mise sous verre de tableaux du musée. Il conservera pendant deux ans le portrait dans son logement parisien, avant de tenter de le revendre en décembre 1913 à un antiquaire florentin qui donnera l’alerte. Vincenzo Perugia, qui affirmera avoir agi par patriotisme, sera jugé en Italie et condamné à une peine de prison de sept mois.

Musée des beaux-arts de Montréal

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1972, trois cambrioleurs, armés de mitraillettes et de fusils, profitent des travaux au Musée des beaux-arts de Montréal pour s’introduire par un puits de lumière et dérober 18 tableaux de grande valeur et une quarantaine de bijoux et d’objets précieux, un butin estimé à 2 millions de dollars. Les œuvres volées, comprenant des tableaux de Rembrandt, Brueghel l’Ancien, Rubens, Corot et Delacroix, ne seront jamais retrouvées.

Le vol du musée Gardner de Boston

Le 18 mars 1990, au petit matin, deux hommes déguisés en policiers dupent le personnel du musée Isabella Stewart Gardner de Boston et repartent avec 13 œuvres de grands maîtres parmi lesquels Degas, Rembrandt, Vermeer et Manet. Le butin, estimé à au moins un demi-milliard de dollars, n’a jamais été récupéré malgré la promesse en 2017 d’une récompense de 10 millions de dollars.

La Saliera au Kunsthistorisches Museum de Vienne

Le 12 mai 2003 à l’aube, La Saliera, une pièce d’orfèvrerie d’émail et d’or réalisée par le sculpteur florentin Benvenuto Cellini (1500-1571) pour le roi de France François 1er, est dérobée au Musée national des beaux-arts à Vienne.

Le voleur, un expert en systèmes d’alarme, a gravi un échafaudage mis en place pour le ravalement du musée et s’est emparé du chef-d’œuvre, sans que les services de sécurité ne s’inquiètent du déclenchement de l’alarme.

L’œuvre, estimée à plus de 50 millions d’euros, sera retrouvée trois ans plus tard, presque intacte, dans une caisse enfouie dans une forêt au nord-ouest de Vienne, sur les indications du voleur après sa reddition. Le malfrat qui avait exigé une rançon de 10 millions d’euros sera condamné à cinq ans de prison.

Attaque à main armée au musée Munch d’Oslo

Le 22 août 2004, deux individus armés et cagoulés font irruption en plein jour dans le musée Munch d’Oslo. Ils s’emparent de deux pièces majeures, Le cri et La madone, avant de s’enfuir sous le regard médusé des visiteurs. L’opération ne prend que 50 secondes. Les deux chefs-d’œuvre sont retrouvés, endommagés, deux ans plus tard dans des circonstances mystérieuses. Trois hommes seront condamnés à des peines de prison.

Vol au Musée d’art moderne de Paris

Le 20 mai 2010, cinq merveilles de Picasso, Matisse, Braque, Modigliani et Léger, d’une valeur estimée à plus de 100 millions d’euros, disparaissent du musée d’art moderne de la Ville de Paris. Le voleur qui était venu seulement pour la Nature morte au chandelier de Léger, a profité d’une incroyable défaillance des systèmes de sécurité pour emporter les quatre autres œuvres majeures. Aucune ne sera retrouvée. L’« homme-araignée » sera condamné à huit ans de prison en 2017.

En France, parmi les vols les plus importants figurent également celui de 118 toiles de Picasso, fin janvier 1976 au musée du Palais des papes à Avignon et du musée Marmottan à Paris, en novembre 1985, au cours duquel quatre Monet — dont le célèbre Impression soleil levant — et deux Renoir ont été subtilisés. Toutes les toiles ont été retrouvées.