(Toronto) Le plan du gouvernement Trudeau pour relancer l’économie après la pandémie reprend sa promesse d’assurer que toutes les régions du Canada aient un accès à internet haute vitesse.

David Paddon
La Presse Canadienne

Le discours du Trône lu mercredi à Ottawa prévoit que le gouvernement fédéral intensifiera ses efforts pour garantir aux Canadiens des régions rurales un meilleur accès à ce nerf de la guerre en télécommunications. Le gouvernement soulignait que depuis six mois, bien des gens ont commencé à travailler de la maison, à suivre leurs cours chez eux, à magasiner en ligne et à accéder aux services du gouvernement à distance. « Il est donc plus important que jamais que tous les Canadiens aient accès à internet », indiquait-on.

« Le gouvernement accélérera le calendrier de mise en œuvre de la connectivité et reverra à la hausse les ambitions du Fonds pour la large bande universelle afin que les Canadiens de toutes les régions aient accès à internet haute vitesse. »

Comme pour la plupart des discours du Trône, celui-ci constitue un aperçu général des plans du gouvernement, qui sont en plus soumis au statut minoritaire des libéraux à la Chambre des communes depuis les élections de 2019.

Le plus récent budget libéral, publié il y a maintenant un an et demi, en mars 2019, indiquait que le Fonds pour la large bande universelle d’un milliard de dollars — l’une des nombreuses initiatives visant à étendre le service internet haute vitesse dans tout le pays — se concentrerait sur la construction de nouvelles infrastructures de base pour les communautés mal desservies.

Le Fonds représentait la plus grande partie de l’engagement du budget de dépenser jusqu’à 1,7 milliard sur 13 ans pour des initiatives internet à haute vitesse, y compris 600 millions pour les satellites qui peuvent desservir les collectivités les plus éloignées du Canada.

Or, ce budget a été déposé un an avant le grand confinement de mars 2020. L’industrie canadienne des télécommunications a depuis été généralement saluée, notamment par le gouvernement, pour sa capacité de s’adapter rapidement et de maintenir ses activités pendant la pandémie.

Mais les libéraux s’étaient également engagés à pousser les plus grandes entreprises de télécommunications canadiennes à réduire leurs frais de service sans fil. La promesse, faite l’année dernière alors que le gouvernement Trudeau positionnait sa campagne de réélection, est devenue plus difficile à tenir pour un gouvernement minoritaire.

De plus, les grands fournisseurs de services internet du Canada se sont opposés à une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, en août 2019, qui réduisait ce qu’ils pouvaient facturer à leurs clients grossistes indépendants.

Ces tarifs réduits, contestés en appel, ne sont toujours pas en vigueur, mais les gros joueurs de l’industrie ont plaidé à plusieurs reprises qu’ils auraient moins d’argent pour construire des infrastructures dans les régions rurales et éloignées s’ils devaient réduire leurs tarifs aux plus petits grossistes.