(Ottawa) De nombreux Canadiens réservent du temps au début de la nouvelle année pour faire un examen de leurs finances et des experts estiment que le testament devrait faire partie de ce processus, afin de s’assurer que les plans successoraux sont à jour.

Publié le 18 janvier
Craig Wong La Presse Canadienne

Selon l’avocate Wendi Crowe, il n’est pas nécessaire de mettre à jour son testament chaque année, mais il est utile de le lire une fois par année pour voir si des changements pourraient devoir y être apportés.

« On sait que le processus initial de réflexion sur la planification successorale et la mise en place de quelque chose doit être fait avec beaucoup de flexibilité à l’esprit, afin de ne pas avoir à le changer toutes les deux semaines ou tous les six mois », explique Mme Crowe, qui dirige le groupe national des services aux clients privés du cabinet Miller Thomson.

« Mais le fait est qu’on sait qu’on ne peut pas penser à tout ce qui pourrait arriver, et qu’on doit se mettre à jour pour que le plan nous serve toujours. »

Avoir un testament est une partie importante d’un plan financier, mais des problèmes peuvent survenir s’il reste dans un tiroir de bureau, inchangé pendant des décennies, à mesure que la vie s’éloigne du point où on se trouvait au moment de sa rédaction.

Le plan doit évoluer avec les changements aux familles et aux actifs. Les mariages, les divorces, les naissances et les décès rendent souvent nécessaire une mise à jour du testament.

« Une bonne planification au départ peut réduire le nombre de mises à jour requises au testament, mais chaque fois que l’une de ces choses se produit, on devrait le revoir », explique Mme Crowe.

Un jeune, dit-elle, peut passer plusieurs années sans avoir besoin de faire des changements, mais s’il entame une relation sérieuse ou se marie et commence à avoir des enfants, et que ces enfants commencent à grandir, des changements peuvent devoir se produire plus fréquemment.

Le déménagement d’une province à une autre peut également entraîner une révision, car bien qu’un testament d’une autre province soit considéré comme valide, les règles régissant les testaments et l’homologation diffèrent d’une province à l’autre.

Mme Crowe ajoute que le testament n’est pas la seule chose qu’il faut s’assurer de garder à jour. On doit également s’assurer que les bénéficiaires de choses comme les polices d’assurance-vie sont tenus au courant de ses souhaits.

L’avocate Tina Garbas-Tyrrell suggère de faire relire son testament par un avocat tous les trois à cinq ans.

« Assez souvent, mes clients me contactent et je vais lire rapidement le testament et souvent je suis heureux de leur dire qu’aucun changement n’est nécessaire, mais cela leur donne la tranquillité d’esprit de savoir qu’ils prennent cela au sérieux », explique Mme Garbas-Tyrrell, experte en testaments et successions chez TGT Law.

« Mais parfois, nous constatons qu’un changement important est nécessaire, donc on ne peut pas vraiment savoir jusqu’à ce qu’on regarde les documents. »

Mme Garbas-Tyrrell souligne que les gens nomment souvent un exécuteur testamentaire ou un tuteur pour leurs enfants d’une génération plus âgée, et que cela peut nécessiter des changements à mesure que ces personnes vieillissent.

« Au fil du temps, ces personnes décèdent souvent ou sont elles-mêmes devenues handicapées, on doit donc s’assurer que les personnes qui ont été nommées fiduciaires et tuteurs dans la succession sont toujours en vie, désireuses et capables d’accomplir ce devoir qu’on espère qu’elles pourront accomplir », explique-t-elle.

Mmes Garbas-Tyrrell et Crowe recommandent toutes deux que les modifications ne soient pas inscrites à la main sur le testament, mais plutôt que le document soit réécrit et signé correctement pour s’assurer que les souhaits y sont clairement exprimés et pour éviter tout litige après le décès.

« Je crois qu’il est prudent de dire qu’écrire sur une page du testament est toujours une mauvaise idée », affirme Mme Garbas-Tyrrell.