Rembourser les prêts étudiants a toujours été un défi, mais à une époque où le logement et les repas absorbent plus que jamais une part plus importante des revenus, il est tout aussi essentiel de faire des choix judicieux en matière de prêts et de remboursement.

C’est ce que disent des experts financiers, qui exhortent les jeunes Canadiens à freiner leurs dettes contractées pendant leurs études collégiales et universitaires et qui tentent de dissiper les idées fausses à ce sujet.

« Le coût du loyer et celui de la nourriture ont grimpé en flèche », a déclaré Joey Kindarji, gestionnaire de portefeuille associé chez Wealthsimple.

Même si la dette était la même que par le passé, il est en réalité plus difficile de la rembourser aujourd’hui.

Joey Kindarji, gestionnaire de portefeuille associé chez Wealthsimple

À mesure que le coût de la vie augmente, les étudiants disposent d’une gamme d’options pour alléger leur endettement, de la sélectivité avec les prêteurs jusqu’à l’établissement d’un budget.

Une première étape consiste à fixer un plafond cible pour l’endettement total au cours de vos études, le montant ne devant pas dépasser votre salaire annuel attendu après l’obtention du diplôme.

Selon Statistique Canada, le récent diplômé moyen d’un programme de baccalauréat avait une dette étudiante d’environ 30 600 $ en 2020. Ce montant est plus élevé qu’en 2010, où il était de 26 300 $, mais, en raison de l’inflation, sa valeur réelle est moindre de 16 %.

« Si vous êtes médecin et que vous voulez gagner beaucoup d’argent, vous pouvez vous endetter un peu plus, sachant que vous avez plus de chances de rembourser », a dit M. Kindarji.

Pour maintenir les frais d’intérêt à un niveau bas, les emprunteurs devraient se tourner vers les gouvernements fédéral et provincial comme source de référence, en optant pour des prêts bancaires seulement si nécessaire. Les intérêts payés sur les prêts gouvernementaux sont considérés comme un crédit d’impôt et l’État propose également des options de soutien plus généreuses.

« Une banque traditionnelle a des intérêts et elle les facture dès le départ », a expliqué Joshua Harris, syndic autorisé en insolvabilité chez Harris & Partners. « Ce ne sont pas tes amis. »

Cherchez « l’argent gratuit »

M. Harris recommande aux étudiants de postuler pour autant de subventions et de bourses d’études que possible, car de nombreux candidats se retrouvent avec plus d’argent que prévu.

« Une dette est une dette, et vous devrez la rembourser » – peu importe les taux d’intérêt – a-t-il indiqué. « Alors, profitez-en pour payer moins. »

Alors que certains experts affirment qu’il n’y a aucun mal à rembourser une partie de la dette pendant vos études – à condition que cela ne compromette pas les priorités éducatives – d’autres préconisent d’emprunter autant que possible au gouvernement à un taux d’intérêt de 0 %, puis d’en mettre une petite part dans des placements sûrs comme des comptes d’épargne à rendement élevé ou des certificats de placement garanti.

« Vous pouvez gagner un peu de rendement et avoir ensuite l’argent nécessaire pour rembourser [la dette] – une sorte d’argent gratuit à investir », a déclaré M. Kindarji.

Ceux qui choisissent cette voie doivent garder à l’esprit que les taux d’intérêt sur ces prêts commencent généralement à augmenter six mois après l’obtention de leur diplôme, a-t-il ajouté.

D’autres conseils pour réduire la dette incluent l’ouverture d’un compte bancaire hybride chèque-épargne avec des rendements plus élevés – jusqu’à 5 % – et une année sabbatique ou un semestre pour travailler et épargner.

Pour limiter leur endettement, les étudiants du secondaire peuvent même rechercher des crédits de niveau collégial et universitaire disponibles via les cours Placement avancé. Cela peut entraîner des économies sur les frais de scolarité si moins de cours sont nécessaires à l’avenir.

Remboursement

La première étape pour rembourser un prêt commence par l’élaboration d’un budget mensuel.

« Vous devez vraiment réfléchir aux coûts de votre style de vie et aux sacrifices que vous devez faire », a affirmé M. Kindarji.

« Cela pourrait signifier être un peu plus frugal avec votre argent, vivre avec quelqu’un d’autre ou rester à la maison avec vos parents […] Pensez à un budget et essayez ensuite de vous attaquer à la dette le plus rapidement possible. »

Cette arithmétique inclut des calculs autour des paiements d’intérêts, qui peuvent s’additionner rapidement. « Si je paie 100 $ par mois pendant cinq ans, je paierai 6000 $ [en intérêts] », a expliqué Joshua Harris.

Pour ceux qui ont du mal à effectuer ces paiements, les régimes destinés aux personnes à faibles revenus des gouvernements provincial et fédéral permettent une approche plus flexible.

Les candidats au Programme d’aide au remboursement fédéral peuvent avoir droit à des paiements réduits ou ne pas avoir de paiement du tout, en fonction de leur revenu. Si une candidature est approuvée, le gouvernement paiera, entre autres mesures, tous les intérêts dus sur la partie du prêt étudiant qu’un paiement réduit ne parvient pas à couvrir.

« Il faut en profiter dans les cas où vous en avez besoin », a dit M. Harris à propos des plans de remboursement.

Ce qu’il faut éviter

Ne contractez pas de prêts pour rembourser vos dettes étudiantes. « Cela n’a pas de sens », a stipulé M. Harris.

« Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il existe des programmes gouvernementaux qui vous permettent de rembourser vos prêts étudiants », a-t-il déclaré, les banques étant moins indulgentes.

Les experts déconseillent également le refinancement si possible. Mais si vous jonglez avec un ensemble de prêts, y compris des prêts privés, cela peut être une option judicieuse.

« Le refinancement ou la consolidation de dettes sont généralement recommandés lorsqu’il y a un grand nombre de produits de dette à gérer ou si le montant du remboursement mensuel exerce des pressions sur la budgétisation d’autres frais de subsistance », a expliqué Jennifer Bishop, vice-présidente à la Banque Toronto-Dominion.

Enfin, ne payez pas un consultant en matière de dette pour obtenir des conseils, explique M. Harris, qui ne facture pas les consultations.

« Rien au départ, a-t-il dit. Vous pouvez appeler anonymement le bureau d’un syndic et il vous donnera cette réponse. »

« Ne soyez pas timide. »