Plus des deux tiers jugent leurs connaissances insuffisantes, selon un sondage

Une majorité de Québécois, soit 68 %, estiment ne pas disposer de toutes les connaissances nécessaires pour planifier adéquatement leur avenir financier, révèle un sondage de l’Institut québécois de planification financière (IQPF). Pour contrer ce problème, 67 % consultent un proche… qui n’a pas forcément plus de compétences qu’eux.

Gérer ses finances personnelles cause des maux de tête à bon nombre de Québécois qui s’estiment inadéquats pour le faire. Chez les moins de 35 ans, cette perception est encore plus grande. Elle grimpe à 74 %. Qui plus est, un tiers des Québécois n’ont pas de plan en ce qui concerne leur avenir financier.

« Le nombre de gens qui n’ont pas assez de connaissances en finances personnelles se maintient d’année en année depuis 2014. C’est quasiment toujours la même chose », affirme en entrevue Chantal Lamoureux, présidente-directrice générale de l’IQPF, qui encourage les Québécois à investir quelques heures par année pour se renseigner auprès de sources fiables afin d’être en mesure de faire de bons choix financiers.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Chantal Lamoureux, présidente-directrice générale de l’IQPF

Le mieux-être financier passe plus par le savoir que par l’avoir. Ce n’est pas nécessairement le montant de nos actifs qui va faire qu’on va se sentir bien, mais d’avoir les bonnes connaissances pour être en mesure de faire des choix pertinents pour nous.

Chantal Lamoureux, présidente-directrice générale de l’IQPF

Les Québécois prévoient prendre leur retraite en moyenne à 63 ans, et 52 % prévoient prendre une retraite complète.

Bien que les jeunes aient souvent une vision lointaine et abstraite de la retraite, le sondage révèle que certains pensent déjà à une semi-retraite. Chez les 18 à 24 ans, près de la moitié, soit 46 %, prévoient prendre une semi-retraite, alors que toutes tranches d’âges confondues, ils sont 30 % à avoir cette intention.

Ce pourcentage élevé de jeunes aspirant à une semi-retraite s’explique probablement par le concept à la mode de l’indépendance financière, encouragé par plusieurs auteurs.

« De plus en plus, on entend parler d’indépendance financière plutôt que de retraite, explique Chantal Lamoureux. Peut-être que ça interpelle les plus jeunes générations. »

Les conseils du beau-frère

Pour ce qui est de demander les conseils d’un proche, un réflexe que 67 % des répondants au sondage disent avoir, Chantal Lamoureux prévient qu’il y a un risque malgré les bonnes intentions.

L’argent, c’est encore tabou. On ne se dit pas tout. Les gens vont se vanter de leurs bons coups et passer sous silence les moins bons. Peut-être qu’ils vous diront des choses non pertinentes pour votre situation. Un planificateur financier offrira une vision complète de votre situation.

Chantal Lamoureux, présidente-directrice générale de l’IQPF

Le sondage révèle aussi que peu de Québécois sont au courant de l’adoption, en juin 2020, du projet de loi no 18 (Loi modifiant le Code civil, le Code de procédure civile, la Loi sur le curateur public et diverses dispositions en matière de protection des personnes), en vertu duquel le mandat d’inaptitude deviendra un mandat de protection.

Une fois en vigueur, à compter de juin 2022, la nouvelle loi obligera notamment le mandataire désigné dans un mandat de protection à produire une reddition de comptes.

À ce sujet, près du tiers des répondants ont dit avoir rédigé un mandat de protection en cas d’inaptitude, et 50 % des 55 ans et plus.

Le sondage a été réalisé en ligne par SOM pour le compte de l’IQPF auprès de 1016 répondants à travers le Québec, du 25 octobre au 1er novembre 2021. La marge d’erreur maximale du sondage est de 3,6 %, 19 fois sur 20.

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