Une majorité de Canadiens ont l’intention de continuer à dépenser moins et à épargner à des niveaux plus élevés qu’avant la pandémie, mais craignent que l’inflation et la hausse du coût du logement ne les empêchent de le faire, révèle un nouveau sondage.

Salmaan Farooqui La Presse Canadienne

Selon les résultats de l’enquête de la Banque Scotia, 63 % des Canadiens interrogés ne prévoient pas de dépenser comme ils le faisaient avant la pandémie, tandis que 55 % craignent de ne pas pouvoir économiser comme ils le faisaient pendant la pandémie.

D’Arcy McDonald, vice-président principal des opérations bancaires courantes de la Banque Scotia, s’est dit étonné qu’une si grande partie des répondants envisagent de continuer à dépenser moins.

« Si vous m’aviez parlé au printemps, je vous aurais dit que lorsque les restrictions seront levées et que les restaurants, les terrasses et les voyages reprendront (leurs activités), ce bassin d’économies serait déversé dans l’économie, mais ce n’est pas vrai », a observé M. McDonald.

« Les Canadiens maintiennent les habitudes budgétaires qu’ils ont acquises pendant la pandémie. »

Mais il ajoute que l’inflation, la hausse des coûts de l’immobilier et des loyers et des taux d’intérêt plus élevés pourraient être quelques-unes des raisons pour lesquelles les gens pensent que leur capacité à épargner sera entravée dans les mois à venir.

En outre, le retour au travail dans les bureaux ajouterait également un coût important à la vie des gens.

« On ne peut pas sous-estimer les économies réelles que le travail à distance crée pour les gens », estime M. McDonald, qui a raconté avoir réalisé cet impact après avoir récemment fait la navette au centre-ville de Toronto pour la première fois depuis un certain temps.

« J’ai dépensé 10 $ pour mon billet de train GO, j’ai pris deux cafés à 5 $ pièce, ainsi qu’une bière après le travail. Le fait de ne pas faire cela à la maison reste une économie bien réelle. »

Jason Heath, un planificateur financier certifié et directeur général d’Objective Financial Partners, a souligné que le changement dans la façon dont les Canadiens épargnent était énorme.

Immédiatement avant la pandémie, le taux d’épargne des ménages oscillait autour de 3,0 %, selon les données de Statistique Canada. À la mi-2020, il est monté en flèche à 28,2 %, et plus récemment à 14,2 % en juillet 2021.

M. McDonald croit que les Canadiens ont réalisé l’avantage d’épargner davantage et d’avoir moins de dettes, et que c’est pourquoi ils montrent le désir de continuer à dépenser moins à l’avenir.

Mais MM. Heath et McDonald notent que les jeunes en particulier auront des difficultés à épargner au même rythme.

« Une grande partie de cela est liée au fait que plusieurs jeunes regardent les prix de l’immobilier, et ces prix font la loi depuis le début de la pandémie, et les loyers ont augmenté », a expliqué M. Heath.

« Je pense donc qu’il y a beaucoup de jeunes qui regardent vers l’avenir et essaient de comprendre comment ils vont un jour pouvoir s’offrir un bien immobilier, fonder une famille et économiser. »