Il y a beaucoup d’attrait pour la loterie instantanée Gagnant à vie. On parle ici du gratteux qui permet de recevoir 1000 $ libre d’impôt par semaine à vie. Le hic : vous avez une chance sur 1 200 000 de décrocher le gros lot. Vos probabilités de gagner sont bien meilleures avec le CELI.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Constatez-le par vous-même. L’épargnant qui aura maximisé ses cotisations annuelles dès l’âge de 18 ans va se retrouver avec plus d’un demi-million libre d’impôt à 50 ans. Il arrivera à ce résultat en cotisant 6000 $ par année pendant 32 ans et en obtenant un rendement annuel composé de 6 %.

Traduit en annuité, ce montant lui donnera droit à 50 ans à une rente annuelle approximative de 20 000 $ non imposable jusqu’à l’âge de 80 ans.

Pour ceux qui l’ignorent, le CELI donne droit de faire fructifier les épargnes à l’abri de l’impôt. Les cotisations, limitées à 6000 $ par an en 2021, ne sont pas déductibles du revenu imposable contrairement aux cotisations dans un REER, mais en revanche les retraits au CELI sont non imposables et sont exclus du calcul du revenu net lequel détermine l’admissibilité aux mesures sociales du gouvernement à l’endroit des moins nantis, des familles et des retraités.

Il n’y a pas vraiment de contre-indication à cotiser au CELI, à part de ne pas défoncer le plafond des cotisations, ce qui provoque des pénalités. « Si jamais nos objectifs évoluent, dit Patrick Genest, planificateur financier et président de Mieux planifier, cabinet de services financiers, à Québec, on retire les sommes du CELI et on repart à neuf avec une nouvelle stratégie. On n’est pas imposé sur le retrait et on récupère nos droits de cotisation l’année suivante. Ce n’est pas plus mal. »

« Si on a de l’endettement, il faut se poser la question : CELI ou rembourser mes dettes, nuance Jean-François Robert, planificateur financier chez Finances d’or à Sherbrooke. Pour un prêt-auto à 8 %, le CELI est profitable à partir d’un rendement annuel 5,6 % pendant 10 ans en raison de la magie des intérêts composés. »

Pour les jeunes qui ont vu leur revenu disponible augmenter grâce aux aides du gouvernement Trudeau, il est possible d'en profiter pour ouvrir un compte d’épargne libre d’impôt chez un courtier à escompte : Disnat, Questrade, WealthSimple ou d’autres.

« La plupart du monde se sert du CELI comme un coussin de sécurité en laissant dormir l’argent dans un compte d’épargne qui rapporte 0 % en intérêt, déplore M. Genest. C’est souvent une grosse erreur que les jeunes font. Ils passent ainsi à côté d’une belle occasion. »

« Avec ses caractéristiques, le CELI devrait être utilisé presque exclusivement pour du long terme pour maximiser le rendement et profiter réellement du congé d’impôt », ajoute M. Robert.

Si votre profil d’investisseur vous le permet, vous êtes invités à déposer votre épargne COVID-19 jusqu’à la limite autorisée et l’investir dans deux fonds négociés en Bourse (FNB) : un reproduisant l’indice de Bourse américaine et l’autre copiant l’indice de la Bourse canadienne.

M. Genest suggère d’instaurer un programme d’investissement périodique, par exemple, de 500 $ par mois, pour s’assurer d’avoir la discipline d’épargner.

Le CELI vaut tout autant pour les moins jeunes. Mais parfois, pour eux, le REER devient un choix plus judicieux, surtout s’il y a des enfants.

« On ne devrait pas cotiser à un REER à l’aveuglette. Lorsqu’on n’a pas d’enfants mineurs et qu’on gagne moins de 100 000 $, règle générale on ne gagne rien à préférer le REER au CELI », dit Jean-François Robert.

L’autre avantage dont profitent les jeunes de moins de 30 ans est le facteur temps. La force exponentielle du rendement annuel composé (faire du rendement sur du rendement) devient manifeste après 25 ans.

Reprenons notre exemple. Si on ne touche pas au demi-million qui s’est accumulé à 50 ans (le montant exact est de 578 090 $), le pactole grossit à 773 615 $ à 55 ans, puis à 1 035 270 à 60 ans, toujours à un taux de rendement de 6 % l’an pour les fins de la démonstration du pouvoir du facteur temps. Avec l’âge, notre épargnant diminuera sans doute la portion de son portefeuille investie en actions, ce qui se traduirait par un rendement espéré moindre que 6 %.