Depuis des mois, les sorties aux restaurants, dans les stades, les concerts et les voyages sont bannis de nos vies. Alors qu’on attend avec impatience le déconfinement, voici huit trucs pour éviter de dépenser comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

1. Écrivez sur papier la liste de vos priorités

Avant que ce soit possible de voyager à l’étranger ou d’aller au restaurant, prenez le temps de coucher sur papier ce qui est primordial pour vous, conseille la Dre Janick Coutu, psychologue et fondatrice de Dose de psy, une plateforme d’éducation psychologique. Quand on voit une publicité ou qu’on est devant le restaurant, il est trop tard. « L’émotion prend le dessus et on n’a plus accès à cette rationalité-là », dit-elle.

« Les gens ont tendance à le faire dans leur tête, mais c’est important de déposer ses pensées sur papier afin qu’elles restent précises et ne soient pas déformées par le temps ou par l’émotion. » Une fois les priorités définies, on s’y réfère pour orienter ses décisions, explique-t-elle.

Lorsque l’envie survient de dépenser pour une activité ou un bien qui n’est pas sur la liste, la psychologue Marie-Anne Sergerie suggère de trouver à quel besoin on tente de répondre. Est-ce que je m’ennuie ? Est-ce que je me sens seul ? Ai-je besoin de me stimuler ou de vivre une excitation ? « Il faut comprendre que dans l’achat compulsif, il est question d’une tension croissante qui est produite par l’envie irrésistible d’acheter et l’apaisement de cette tension est obtenue par le passage à l’acte d’acheter », explique la psychologue.

2. Attendez 48 h avant d’acheter

Une agence de voyages en ligne vous assure qu’il ne reste que deux billets et que vous êtes 10 à regarder cette offre ? « C’est une stratégie de marketing, rappelle la Dre Coutu. Il est important de créer une distance avec cette émotion, avec la pression qu’on ressent, en utilisant un délai. » Après une attente de 48 heures, l’envie a parfois disparu. On doit aussi garder notre liste à proximité. « Oui, il ne reste que deux places, mais ça n’entre pas dans mes objectifs », illustre-t-elle.

« On peut désinstaller les applications d’achat de ses appareils électroniques afin de rendre l’accès plus difficile, de faciliter le recul et de favoriser les questionnements, suggère pour sa part la Dre Marie-Anne Sergerie, psychologue. Éviter d’enregistrer les informations liées à ses cartes de crédit est également utile. »

3. Prenez conscience de l’effet zen de l’épargne

Si vous faites partie de ceux qui ont épargné au cours de la dernière année, prenez le temps de ressentir l’effet que vous procure cette somme inattendue, propose la Dre Coutu. « Maintenant que j’ai ce fonds-là, comment je me sens ? Apaisé ? Rassuré ? demande-t-elle. Cette prise de conscience vous fera peut-être réaliser que c’est important de le garder plutôt que de retourner dans l’insécurité d’avant. »

D’ailleurs, pour continuer sur le chemin apaisant de l’épargne, Antoine Chaume, planificateur financier chez Lafond+Associés, suggère d’investir chaque année ses augmentations de salaire plutôt que d’enfler son train de vie au rythme des augmentations.

4. Épargnez de façon systématique

L’épargne systématique déposée dans un CELI, un REER, un REEE ou un autre produit permet d’atteindre ses objectifs plus facilement, soutient Antoine Chaume. « Ce n’est pas quand la banque t’appelle en février pour la période des REER que tu dois cotiser, insiste-t-il. C’était hier ou avant-hier ! Les gens qui choisissent l’épargne systématique se retrouvent quelques années plus tard avec des milliers de dollars en plus. »

5. Faites des folies balisées

« Il faut s’autoriser une période de récompenses, de plaisir et de folie à la sortie de la pandémie, mais en ayant au préalable défini des balises qui tiennent compte de notre réalité et de nos valeurs », affirme la Dre Geneviève Lemelin, psychologue. « Quand il n’y a pas de balises, ça devient malsain, dit-elle, parce qu’il peut y avoir des conséquences négatives, l’endettement, l’impact sur la famille ou le travail. »

Le planificateur financier Antoine Chaume suggère de faire de l’épargne systématique pour les projets de voyages, de restaurants et de concerts. « On fixe un budget annuel, par exemple 5000 $, et, chaque mois, on met systématiquement 417 $ dans un compte. Pas besoin de se soucier si on a l’argent pour l’activité, c’est déjà prévu. C’est le concept de se payer en premier, de s’allouer un plaisir ou une folie qu’on a planifié. »

Cela dit, dépenser de l’argent n’est pas l’unique façon de se récompenser, rappellent les psychologues. « Les gens vont vouloir simplement se retrouver » souligne la Dre Geneviève Lemelin.

« Si quelqu’un dit prendre un verre de vin après sa journée de travail, je l’amène à réfléchir sur le sentiment qu’il recherche avec ce verre de vin, relate de son côté la Dre Janick Coutu. Si c’est l’apaisement, je lui demande de trouver à quel autre moment il en ressent. En prenant un bain, en écoutant de la musique ? La personne peut donc varier les façons d’atteindre cet état-là. On peut faire la même chose en dressant la liste de ce qui nous fait nous sentir récompensé. »

6. Faites un budget une fois pour toutes

Seulement 49 % des Canadiens font un budget, selon Statistique Canada. Or, c’est la seule façon d’avoir une idée précise de ses dépenses mensuelles et de savoir exactement à combien s’élèvent nos liquidités, estime Antoine Chaume. Vous craignez le budget d’Excel trop détaillé ? Le planificateur financier vous en suggère un simplifié. « Ça prend 30 minutes avec une coupe de vin, le relevé de carte de crédit et celui du compte bancaire. »

Utilisez le budget proposé

7. Engagez un coach financier

Si un coach vous pousse à faire le squat de plus, pourquoi ne pas engager ce type de motivateur pour pousser vos finances personnelles plus loin ?, propose Antoine Chaume avec l’approche du coach financier, qui accompagne le client et le rend plus conscient de ses finances. Ce service est offert dans les bureaux privés selon un tarif horaire.

8. Ayez de l’argent comptant

« Pourquoi donne-t-on des jetons au casino ?, demande la Dre Coutu. Parce qu’ils n’ont pas de valeur émotive. On oublie qu’ils représentent nos dures heures de travail. » Comme l’argent intangible se dépense plus facilement, la psychologue conseille d’avoir vos surplus hebdomadaires en argent comptant. « Si le café représente la moitié de notre surplus, on va se poser des questions avant de l’acheter. » C’est aussi un bon truc pour les familles qui vont à Disney, dit-elle, et qui seront sollicitées de tous côtés pour dépenser. Prévoyez une somme en argent comptant.