Naturel? Artificiel? Surtout, il faut éviter de se faire passer un sapin.

Publié le 11 déc. 2013
Florence Tison LA PRESSE

Le sapin naturel

Le sapin naturel est cultivé en plantation ou en pépinière. Dans une plantation, le sapin arbuste prend une dizaine d'années avant d'atteindre la taille nécessaire pour en faire un arbre de Noël. Il faut ajouter cinq ans en pépinière, car on part d'une petite graine. Chacun sera taillé régulièrement au cours de sa croissance pour s'assurer qu'il soit en santé, fourni et droit.

L'essence la plus cultivée au Québec est le sapin baumier, nommé ainsi en raison de sa résine qui sert de baume. Le sapin baumier est le plus odorant et le plus vert des sapins traditionnellement utilisés comme arbres de Noël.

On retrouve trois qualités de sapin baumier : la catégorie premium, la catégorie un et la catégorie deux. «Le premium est bien fourni, régulier, complètement plein, presque parfait, décrit Christian Morin, président de l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec (APANQ). Le numéro un, on voit un peu plus au travers, disons. Le numéro deux est plus clairsemé, mais bien taillé quand même; ce ne sont pas des rejets!»

On cultive aussi le sapin Fraser, qui vient de la Caroline-du-Nord. Par contre, il pousse moins bien dans le sol glaiseux du Québec. «Il est plus capricieux», note Christian Morin. Le sapin Fraser a une teinte plus bleutée que le sapin baumier, ses branches sont plus robustes et il conserve ses nombreuses aiguilles plus longtemps. Un hic: il ne sent presque rien.

On n'emploie pas beaucoup l'épinette comme arbre de Noël. « Les épinettes perdent leurs aiguilles une fois coupées », indique le président de l'APANQ, lui-même planteur.

Les sapins naturels les moins chers se trouvent chez IKEA, à 20 $ l'arbre. À l'achat d'un sapin, IKEA offre en plus 20 $ de réduction sur un achat de 75 $ et plus après les fêtes, jusqu'au 22 février. Ses sapins ne proviennent pas du Québec, mais de la Nouvelle-Écosse.

Réno-Dépôt vend des sapins Douglas à 25 $ et des sapins Fraser à 37 $, tous cultivés au Québec. Les sapins de Loblaw (Provigo, Maxi) coûtent 40 $. Ceux-là sont cultivés au Québec. Pour le même prix, pourquoi ne pas aller directement à une sapinière de votre région?

L'autocueillette

Au Québec, la plupart des sapins sont cultivés en Estrie et en Chaudière-Appalaches. La façon la plus ludique de se procurer un arbre de Noël est de se rendre à la plantation et de choisir son sapin, à condition de disposer d'une voiture.

Par exemple, pour la somme de 50 $, les Plantations JLS, à Sainte-Angèle-de-Monnoir, offrent un sapin que l'on coupe soi-même, mais aussi une randonnée en tracteur, un coucou au père Noël et un chocolat chaud. Une belle sortie familiale du temps des Fêtes.

Si on préfère couper son sapin et repartir par où on est venu, la plantation Les sapins de Noël d'Henryville vend ses arbres de 7 pieds à 40 $.

Vous pouvez visiter le site de l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec (apanq.qc.ca) pour trouver une sapinière près de chez vous.

Le sapin québécois

Le sapin d'ici a l'avantage de faire moins de chemin et de contribuer ainsi à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Sans parler de la main-d'oeuvre locale et de l'air pur créé grâce aux plantations.

On exporte la majorité du million de sapins coupés chaque année. «La plupart en Nouvelle-Angleterre, mais le Québec en exporte jusqu'aux Antilles», souligne Christian Morin.

Il est assez aisé de trouver du sapin québécois près de chez soi. Plusieurs producteurs vendent leurs sapins dans les marchés publics, et d'autres dans des parcs ou sur le bord des routes. Les marchés Maisonneuve, Jean-Talon, Atwater et Saint-Jacques, à Montréal, ont tous quelques planteurs qui s'installent à un kiosque en novembre et décembre.

Certains commerces, comme Canadian Tire, vont aussi permettre à des cultivateurs de vendre leurs sapins dans leur stationnement.

Un sapin de sept pieds, la grandeur prisée par la plupart des foyers, coûte en moyenne une cinquantaine de dollars lorsqu'on l'achète dans un kiosque. Les petits sapins de 4 pieds coûtent généralement 30 $. Si on veut effleurer son plafond cathédrale, les sapins de 9 pieds coûtent de 50 à 70 $.

On peut souvent faire livrer son sapin pour un montant allant de 5 à 15 $.

Bien choisir son sapin

Il vaut mieux acheter un arbre après l'avoir vu déployé. On pourra toujours le remballer ensuite pour le transporter. «La plupart des kiosques ont des arbres ouverts, indique Christian Morin. D'après moi, c'est plus sérieux. C'est mieux que le consommateur accepte un arbre qui est déballé, qu'il choisisse ce qu'il veut.»

Pour vérifier si l'arbre est frais, vous pouvez saisir une branche entre le pouce et l'index et la tirer vers vous. Si plusieurs aiguilles se détachent, changez de sapin. Attention: par temps sec et froid, il est normal que plus d'aiguilles se détachent.

Entretien

Avant d'installer le sapin dans le support, il faut couper une mince tranche du tronc. Un peu plus d'un centimètre est suffisant. Si l'arbre a été entreposé à l'extérieur ou même dans le garage avant son installation, il faut le couper moins de quatre heures avant de le mettre dans l'eau. Sinon, la sève scelle la base et empêche l'arbre de s'abreuver.

Le sapin est comme une fleur, il lui faut de l'eau pour rester beau une fois coupé. Le support devrait idéalement pouvoir contenir quatre litres d'eau pour que l'arbre s'abreuve. L'eau du premier arrosage devra être tiède pour bien irriguer le sapin qui dégèle.

Le sapin boit beaucoup pendant les deux premières semaines, et plusieurs litres d'eau quotidiennement. Il est important de voir à ce qu'il ne manque pas d'eau pour qu'il reste frais. Il faut finalement éviter de l'installer près d'une source de chaleur pour qu'il ne se dessèche pas.

Écologique, le sapin naturel?

Selon le président de l'APANQ, le sapin naturel est beaucoup plus écologique que l'artificiel.

«C'est un produit naturel qui pousse au Québec. Dans les plantations, le gaz carbonique est transformé en oxygène par les sapins. L'arbre artificiel est fait de plastique. Ça voyage en bateau de Taiwan ou Hong Kong. Ce n'est pas recyclable. Les nôtres sont recyclables, les villes les récupèrent et en font des copeaux.»

La firme montréalaise d'experts-conseils Ellipsos inc. a analysé le cycle de vie des sapins naturels et artificiels en 2009. Sa conclusion était que bien qu'on puisse réutiliser le sapin artificiel plusieurs fois, ça ne rattrape pas les émissions de gaz à effet de serre. Les émissions annuelles de CO2 d'un sapin naturel équivalent à 3,1 kg ; celles de l'artificiel, à 8,1 kg.

Pour que l'arbre artificiel soit la meilleure option, il faudrait le réutiliser pendant 20 ans. Malheureusement, la durée de vie du sapin artificiel type est de six ans.

«En plus, ça a une âme, un sapin naturel ! s'exclame Christian Morin. Ça vaut la peine de ramasser quelques aiguilles avant et après.»

Le sapin artificiel

Le sapin artificiel est le plus souvent composé d'une structure en acier et d'aiguilles faites à partir de feuilles de PVC. Les aiguilles des arbres artificiels de meilleure qualité sont faites de polyéthylène moulé en trois dimensions, et donc très réalistes. Les arbres sont souvent déjà illuminés, ce qui évite d'avoir à démêler des mètres de guirlande à ampoules électriques.

Il faut faire attention au nombre de branches, ou pointes. Plus il y en a, meilleure est la qualité. Le poids est aussi un bon indice. Plus le sapin est lourd, plus il y a d'acier dans sa structure et plus il est solide.

Les branches sont suffisamment robustes lorsqu'elles résistent à une légère pression de la main. Si elles fléchissent, imaginez avec le poids des décorations ! Les aiguilles devraient aussi reprendre leur forme après qu'on a serré une branche dans sa main.

On retrouve des arbres artificiels dans les quincailleries et les magasins à grande surface. Pour avoir un minimum de qualité, il faut débourser 150 $.

Pour 400 $, vous aurez un arbre de 7 pieds d'excellente qualité avec 2299 pointes en PVC et 500 ampoules chez Canadian Tire. Sinon, vous pouvez vous en tirer pour aussi peu que 35 $ chez Walmart, avec un arbre de 6 pieds et demi et 366 pointes, sans lumières.

Attention de bien vérifier qu'il y a assez d'espace pour les cadeaux sous l'arbre !

Le sapin Cascades

Le sapin de l'entreprise de papier hygiénique Cascades est une option originale au sapin réaliste. Fait de plaques de carton recyclé coloré, il s'assemble sans colle ni outil comme un casse-tête en trois dimensions. On le commande en ligne.

Le sapin est offert en format de table à 17 $, en format de 4 pieds à 25-30 $ et de 7 pieds et demi à 40 $. On peut le décorer comme on décore un vrai sapin, avec ampoules et boules, et aussi bricoler avec les enfants pour y coller des photos ou des dessins.

Pour les nostalgiques olfactifs, le plus grand modèle est livré avec une bouteille de brume parfumée au sapin lorsqu'on le choisit à motif d'arbre naturel.

Prix de quelques accessoires

Support d'arbre de Noël : de 10 à 60 $ chez Canadian Tire

Guirlande lumineuse : 6 modèles de couleurs différentes, 20 $ chez Walmart

Étoile : à partir de 10 $ chez Canadian Tire et Home Depot

Boules de Noël : boîte de 8 à 6,59 $ chez Rona, boîte de 10 petites dorées à 3,74 $ chez Home Depot, boîte de 50 boules aux couleurs variées à 20 $ chez Réno-Dépôt.

Saviez-vous que...

- Le premier sapin de Noël moderne remonterait à 1521 dans la ville de Sélestat, en Alsace.

- Près de 400 000 sapins naturels se retrouvent dans les foyers québécois chaque année pendant les Fêtes.

- Un planteur de sapin peut planter à la main de 800 à 1000 arbres par jour. La majorité des producteurs optent pour la planteuse mécanique.

- L'âge moyen d'un propriétaire de plantation est de 54 ans.

- On coupe 1 300 000 sapins annuellement au Québec. Si on alignait tous les chargements d'arbres, le convoi ferait 26 km de long.

- Les ventes de sapins cultivés au Québec sont de près de 25 millions annuellement.

- L'arbre artificiel type a une durée de vie de six ans.

- Les effets de l'arbre artificiel sur les changements climatiques se produisent surtout lors de la fabrication (85 % des impacts) et du transport de la Chine à Montréal (8 %).

- La valeur des arbres de Noël artificiels importés par le Canada en 2011 était de 47 millions de dollars, dont 46 millions de la Chine seulement.

Sources : Firme Ellipsos inc., Protégez-Vous, Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec, Statistique Canada, Option consommateurs, Agri-Réseau, Le Père Sapin