(Toronto) Les revenus de la Banque CIBC ont augmenté au deuxième trimestre, par rapport à l’an dernier, mais ses bénéfices ont diminué parce que ses dépenses pour alimenter la croissance et ses provisions pour les éventuelles pertes sur prêts ont augmenté en cette période d’incertitude accrue.

Mis à jour le 26 mai
Ian Bickis La Presse Canadienne

« Il ne fait aucun doute que nous sommes tous dans un environnement très fluide », a observé le chef de la direction de la banque, Victor Dodig, lors d’une conférence téléphonique au sujet des plus récents résultats trimestriels.

« Avant tout, nos pensées vont à ceux qui ont été touchés par la guerre en Ukraine. Au-delà de son impact humain, le conflit a exacerbé les perturbations de la chaîne d’approvisionnement liées à la COVID et a contribué aux pressions inflationnistes dans le monde entier. Les banques centrales réagissent en augmentant les taux d’intérêt pour calmer les pressions inflationnistes, ce qui suscite des inquiétudes quant à un ralentissement économique. »

Malgré l’incertitude croissante, la banque a enregistré une croissance substantielle avec des revenus de 5,38 milliards, en hausse de 9 % par rapport au même trimestre un an plus tôt, grâce à une croissance généralisée des prêts et des dépôts, à des revenus de commissions plus élevés et à une forte activité de négociation de la part des clients. Les revenus ont cependant reculé de 2,3 % par rapport au trimestre précédent.

La flambée des revenus de l’année dernière fait suite à d’importantes dépenses de la CIBC pour soutenir sa croissance interne, notamment par l’entremise d’investissements dans ses activités aux États-Unis. Elle a également acheté le portefeuille de cartes de crédit de Costco pour sécuriser deux millions de titulaires de cartes dans l’espoir d’attirer bon nombre d’entre eux vers d’autres produits bancaires.

Ces investissements, ainsi que l’augmentation des coûts d’exploitation attribuables aux pressions inflationnistes, ont fait grimper les dépenses de 11 % par rapport à l’année précédente, y compris un bond de 18 % dans sa division commerciale et de gestion de patrimoine aux États-Unis.

La Banque CIBC s’attend à ce que la croissance des dépenses ralentisse au cours de l’exercice 2023, alors qu’elle termine ses « investissements fondamentaux », a expliqué le directeur financier, Hratch Panossian.

La banque s’est distinguée de ses pairs en augmentant ses provisions pour pertes sur créances au cours du trimestre, qui ont atteint 209 millions sur une base ajustée, ou 303 millions en incluant l’impact du portefeuille de cartes de crédit Costco, pour ce qu’elle a dit être un risque accru de la hausse des taux d’intérêt et des dépenses plus élevées pendant cette période d’incertitude accrue.

« Nous surveillons de près, bien sûr, les impacts potentiels de la pandémie, l’inflation et l’environnement des taux et les développements géopolitiques plus larges qui pourraient affecter nos perspectives », a assuré le responsable de la gestion du risque, Shawn Beber.

La CIBC continue de constater une forte confiance des entreprises malgré une certaine incertitude, bien que le sentiment se soit assombri ces trois derniers mois, a noté le chef des services bancaires commerciaux, Jon Hountalas.

« C’est toujours fort. Il y a un changement, c’est certain, mais les gens se sentent toujours bien. La demande pour les produits est là. Les augmentations de prix continuent d’être répercutées. La main-d’œuvre reste un défi. La chaîne d’approvisionnement a de bons coups et de mauvais coups. Certains me disent qu’elle s’améliore, d’autres qu’elle se détériore. Mais dans l’ensemble, les gens restent confiants. »

Résultats en baisse

Les dépenses et les provisions pour pertes sur créances ont pesé sur le bénéfice de la CIBC, qui s’est élevé à 1,52 milliard, en baisse de 8 % par rapport à l’an dernier. Le bénéfice ajusté s’est chiffré à 1,65 milliard, en baisse de 1 %.

Le bénéfice ajusté a atteint 1,77 $ par action au cours du plus récent trimestre, en baisse par rapport à un bénéfice ajusté de 1,79 $ par action un an plus tôt.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 1,78 $ par action pour le deuxième trimestre, selon les prévisions recueillies par la société de données financières Refinitiv.

« Les résultats ont été alourdis par des provisions pour pertes sur créances plus élevées que prévu […] parce que la banque a intégré un changement défavorable dans ses perspectives économiques », a souligné l’analyste Meny Grauman, de la Banque Scotia, dans une note à ses clients.

« Cela a masqué la dynamique de croissance soutenue des revenus, qui a été en partie alimentée par des revenus de négociation meilleurs que prévu. »

La banque a annoncé jeudi qu’elle verserait désormais un dividende trimestriel de 83 cents par action, en hausse de 2,5 cents par rapport à celui de 80,5 cents par action versé jusqu’à maintenant.

La banque a indiqué que ses activités bancaires aux particuliers et aux entreprises au Canada avaient dégagé un profit de 496 millions au deuxième trimestre, contre 603 millions au deuxième trimestre précédent, en raison d’une provision plus élevée pour pertes sur créances et de dépenses plus élevées, qui ont été partiellement contrebalancées par des revenus plus élevés.

Pendant ce temps, les activités de banque commerciale et de gestion de patrimoine de la CIBC au Canada ont gagné 480 millions pour le trimestre, en hausse par rapport à 399 millions il y a un an. Elles ont profité des revenus plus élevés, qui ont été partiellement compensés par des dépenses plus élevées et une reprise de provision plus faible.

La division américaine des services de banque commerciale et de gestion de patrimoine de la CIBC a pour sa part gagné 180 millions, un résultat en baisse par rapport à celui de 216 millions du même trimestre il y a un an, tandis que ses activités sur les marchés des capitaux ont gagné 540 millions, en hausse par rapport aux 495 millions du même trimestre l’an dernier.