(Montréal) L’action de Cascades perdait plus de 20 %, jeudi, tandis que le fabricant d’emballage, de papiers sanitaires et de cartons est frappé de plein fouet par l’inflation de ses coûts de production et de transport.

Mis à jour le 12 mai
Stéphane Rolland La Presse Canadienne

Du propre aveu du président et chef de la direction, Mario Plourde, les résultats du premier trimestre de la société québécoise sont « décevants ». « La pression inflationniste que nous avons subie sur nos matières premières et nos coûts et la vitesse à laquelle elle s’est manifestée, nous a pris par surprise », a dit le dirigeant lors d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du premier trimestre.

L’entreprise de Kingsey Falls a ainsi enregistré une perte nette de 15 millions, ou de 15 cents par action, comparativement à un bénéfice net de 22 millions, ou 22 cents, à la même période l’an dernier. Les ventes ont toutefois progressé de 10,2 % à 1,038 milliard.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 5 cents, selon les données compilées par la firme Refinitiv.

Frédéric Tremblay, de Desjardins Marché des capitaux, estime que l’écart avec les prévisions est « large ». « Cascades continue d’être frappée par les coûts élevés pour les matériaux, la production et la logistique », constate-t-il.

La situation devrait se rétablir tandis que l’entreprise compte refiler à ses clients la hausse des coûts de production sous forme de hausse de prix, a dit M. Plourde. « Les annonces de prix que nous avons faites récemment vont combler l’écart à partir du deuxième trimestre. »

Cascades a aussi entrepris de réduire certains coûts de production. « Nous regardons différentes options, explique le dirigeant. L’optimisation du réseau en regardant où nous allons faire la production et où nous allons faire les livraisons, le nombre d’items différents que nous vendons, et le nombre de clients à qui nous livrons, tous ces points sont à l’ordre du jour en ce moment. »

L’effet de ces vents contraires sur la dette de l’entreprise a également soulevé des questions. La dette nette a augmenté de 200 millions en trois mois. La dette nette sur l’indicateur ajusté du bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) atteint un ratio de 4,8 fois à la fin mars, par rapport à 3,5 fois à la fin décembre, il y a trois mois.

Le chef des finances, Allan Hogg, s’est voulu rassurant quant à la situation financière de l’entreprise. Le début de la production à l’usine de Bear Island en Virginie (prévu en décembre 2022) et les efforts pour réduire les coûts devraient faire baisser ce ratio. La société aurait donc toujours les moyens de faire les investissements qu’elle souhaiterait faire dans de nouvelles usines avant 2024, selon lui. « Nous ne croyons pas que c’est un problème en ce moment. »

Zachary Evershed, de Financière Banque Nationale, ne s’inquiète pas pour le moment de la situation financière de Cascades. Il note qu’une grande partie de ses créances sont composées de billets de premier rang qui arrivent à échéance en 2025, 2026 et 2028.

L’assouplissement des mesures sanitaires fait en sorte que les clients sont moins nombreux à commander en ligne qu’au plus fort de la pandémie. Les volumes dans le secteur du carton-caisse ont diminué pour cette raison, mais aussi en raison des difficultés de la chaîne d’approvisionnement.

Si l’année 2021 était exceptionnelle pour le commerce en ligne, M. Plourde estime qu’il y a toujours un « grand besoin » pour les boîtes en carton. Malgré la montée de l’inflation qui exerce une pression sur les finances des ménages, le dirigeant ne croit pas que la demande en souffrira. « À ce moment-ci, à moins que la situation macro-économique change drastiquement, nous restons confiants que la demande sera bonne en 2022. »

L’action de Cascades perd 2,73 $, ou 22,96 %, à 9,16 $ à la fermeture de la Bourse de Toronto.