Qu’est-ce que la transformation numérique, un concept « qui veut tout dire et ne rien dire », convient Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation ? Comment un entrepreneur peut-il s’y retrouver dans l’offre de milliers de plateformes et de logiciels ?

Publié le 24 janvier
Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

Cet accompagnement, c’est précisément ce que Québec veut proposer avec son Offensive de transformation numérique lancée en mars 2021, et pour laquelle on a annoncé lundi une nouvelle somme de 24,6 millions de dollars après les 56,8 millions déjà attribués. On estime que cette somme supplémentaire permettra d’accompagner 2000 entreprises, qui s’ajoutent aux 9000 qui ont embarqué dans le programme depuis 10 mois. Au total, a promis le ministre Fitzgibbon en conférence de presse, Québec investira 130 millions d’ici mars prochain dans cette « démarche de transition numérique ».

« Ce programme-là est un programme d’accompagnement humain, a expliqué le ministre. Un des problèmes dans la numérisation, c’est souvent que l’entrepreneur a différentes possibilités. Il y a des vendeurs de logiciels qui viennent le voir, il est pris avec une problématique de choisir. »

49 000 entreprises « sensibilisées »

Le gouvernement compte sur un partenariat avec 12 organismes à vocation économique, qui ont le mandat d’accompagner leurs membres dans leur secteur spécifique. On trouve notamment des représentants de l’industrie du meuble, de la mode, de la transformation alimentaire et du tourisme. Pour recruter ces 11 000 entreprises, Québec estime avoir « sensibilisé » quelque 49 000 d’entre elles au potentiel de modernisation de leur modèle d’affaires.

La condition, c’est que la subvention gouvernementale soit égalée par l’entreprise pour cette première étape. Il s’agit uniquement de projets visant à établir la nécessité et déterminer les outils pour cette transition numérique. Les investissements plus importants pour l’acquisition des solutions logicielles et la modification de la production, notamment, ne font pas partie du mandat de ce programme.

Est-ce qu’il y a assez d’argent, 130 millions, pour l’offensive de transition numérique ? S’il en manque, on va en mettre d’autre.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation, en réponse à la question d’un journaliste

« Techniquement, à 50-50, c’est 260 millions d’analyses qui se font. On va voir le constat. On parle de 49 000 entreprises parmi lesquelles 25 % vont aller de l’avant. »

Concrètement, ces « analyses » visent à déterminer les meilleures façons pour les entreprises d’améliorer par la technologie leur modèle d’affaires. « Parce que la production se doit d’être agile, flexible et personnalisée, nos entreprises n’ont d’autre choix que d’être intelligentes et connectées », a expliqué lors du point de presse Julie Ethier, directrice générale de Développement économique Longueuil (DEL) et représentante pour l’occasion du Réseau des centres d’expertise industrielle (RCEI).

Panier bleu transactionnel

Pour le ministre Fitzgibbon, il est évident que les plus petites entreprises dont le champ d’action est local n’ont pas nécessairement un intérêt à se lancer dans une transition numérique. Il mise plutôt sur les quelque 100 000 entreprises au Québec de taille appréciable, qui ont des ambitions internationales ou qui pourraient profiter du numérique pour « augmenter leurs ventes, avoir une meilleure connaissance du marché et optimiser leur chaîne d’approvisionnement », a-t-il précisé.

Il compte annoncer d’ici mars prochain de nouveaux projets de numérisation. Il reste en principe 48,6 millions à distribuer sur les 130 millions promis. « Ce qu’on annonce aujourd’hui, ce n’est pas la fin, on travaille déjà pour une troisième cohorte de projets que je voudrais annoncer d’ici la fin du mois de mars », a déclaré le ministre. De nouvelles annonces concernant l’aspect transactionnel du Panier bleu sont également prévues d’ici là, a-t-il précisé.