L’action de Sonder a terminé en recul de 2 % mercredi au NASDAQ, à 8,22 $ US, pour les débuts boursiers de l’entreprise techno-immobilière fondée à Montréal, mais dirigée à partir de San Francisco.

Publié le 20 janvier
Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Le titre de cette entreprise ayant son siège social canadien à Montréal a fluctué au cours d’une séance volatile où le NASDAQ a perdu 1,2 % et où la turbulence continue de frapper le marché boursier, et notamment les titres de croissance liés au secteur technologique.

Spécialisée dans les séjours ponctuels, Sonder entre en Bourse en se regroupant avec la société d’acquisition à vocation spécifique (special purpose acquisition company, ou SPAC) Gores Metropoulos. C’est un mécanisme similaire que les constructeurs québécois de véhicules électriques Lion et Taiga ont utilisé l’an passé pour faire le saut en Bourse.

Connue à ses débuts sous le nom de Flatbook, Sonder se présente comme un perturbateur dans le secteur de l’hébergement. Le modèle d’affaires consiste à signer des baux à long terme en tant que locataire principal ou unique d’un édifice pour ensuite louer les espaces pour des séjours à durée variable.

Fondée en 2014, Sonder est toujours dirigée par Francis Davidson, un des cofondateurs de l’entreprise. Ce Québécois de 29 ans, originaire de l’Outaouais, est un ancien étudiant de l’Université McGill. L’idée de Sonder lui est venue alors qu’il voulait sous-louer son appartement durant l’été suivant sa première année à McGill.

« On a pris de bonnes décisions, mais on a aussi eu beaucoup de chance, surtout celle de m’associer à des investisseurs incroyables, des mentors, des employés et collègues extraordinaires parce que, personnellement, je n’ai pas l’expérience nécessaire pour monter une compagnie qui peut aller au NASDAQ. J’ai dû m’entourer de gens qui savent comment faire ça et suivre leurs conseils », dit l’entrepreneur.

L’inscription au NASDAQ permettra à Sonder d’investir « agressivement » dans la croissance, d’étendre les activités dans de nouveaux marchés et d’embaucher plus de gens dans l’équipe technologique pour continuer d’innover et de développer la plateforme, dit-il.

IMAGE TIRÉE D’UNE CAPTURE D’ÉCRAN

Francis Davidson en entrevue avec La Presse par Zoom mercredi

« Il y a aussi un rapport intéressant avec la transparence des finances de l’entreprise qui fait en sorte que les propriétaires immobiliers seront beaucoup plus à l’aise de travailler avec nous », précise Francis Davidson.

Il cite en exemple la ville de Barcelone, en Espagne, où Sonder vient de débarquer. « Si on parle à un propriétaire immobilier à Barcelone qui n’a jamais entendu parler de Sonder, ça va vraiment aider de pouvoir dire : voici ce qu’on possède en encaisse, voici nos états financiers et voici la valeur boursière de l’entreprise. Ça fait en sorte qu’on a beaucoup plus de crédibilité. On croit que ça va nous aider à signer encore plus d’ententes et à croître plus rapidement. »

Jusqu’à maintenant, la croissance de Sonder s’est uniquement réalisée de manière organique. Sonder n’a encore réalisé aucune acquisition d’entreprise. Être en Bourse permettra à Sonder d’utiliser son action comme devise pour réaliser des acquisitions dans le futur, si une occasion se présente.

Pour le moment cependant, Francis Davidson soutient que la direction se concentre sur la croissance organique.

Pour nous, la croissance n’est pas nécessairement d’aller dans de nouveaux marchés géographiques autant que d’aller plus profondément dans des marchés géographiques où l’on est déjà présent. Il y a des marchés énormes dans lesquels on a déjà une présence. À New York, par exemple, on a à peine 1 % du marché, donc on a encore plusieurs années de croissance devant nous.

Francis Davidson

Après avoir atteint 143 millions US en 2019, le chiffre d’affaires de Sonder a reculé à 116 millions US en 2020 durant la pandémie. L’entreprise devrait toutefois dévoiler prochainement un rebond intéressant lorsqu’elle rendra publics ses résultats pour 2021 puisque les revenus des neuf premiers mois de la dernière année s’élèvent à 146 millions US. Sonder demeure cependant déficitaire. Pour les neuf premiers mois de 2021, la perte atteint 214 millions US.

Francis Davidson ambitionne de « chambouler » le secteur de l’hébergement avec une approche « plus moderne ». « N’importe quelle catégorie d’hébergement (appartements, hôtels, resorts, etc.) offre une opportunité de se transformer avec la technologie, et ça résonne bien avec la prochaine génération de voyageurs », dit-il.

Présente dans 10 pays, Sonder compte plus de 1500 employés, dont près de 200 à Montréal. Le titre de l’entreprise se négocie sous le symbole « SOND » au NASDAQ.